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Alors que l’Europe et la Chine ouvrent des discussions sur fond de tensions commerciales, Jean Boher, président d’Ipsophene, plaide pour un malus environnemental sur les médicaments fabriqués à partir de principes actifs chinois. L’industriel dénonce parallèlement le projet de baisse du prix du paracétamol en France.
Alors que commencent
les discussions entre l’Europe et la Chine sur fond de guerre commerciale
, l’industrie française cherche à renforcer ses arguments en faveur de la relocalisation. Dans un entretien sur BFM Business ce matin, Jean Boher, le président d’Ipsophene, l’entreprise de fabrication du principe actif du paracétamol à Toulouse, en appelle à instaurer un malus environnemental sur le prix des médicaments chinois.
"J’attends de cette visite une prise de conscience globale des politiques et des consommateurs sur le fait que notre indépendance et notre industrie dépendent de nos choix et de notre volonté, tout comme notre impact environnemental dépend de notre choix et de notre volonté", a-t-il plaidé.
Selon lui, la production du principe actif en France aurait un coût environnemental trente fois inférieur à celui de la Chine et dix fois inférieur à celui d’autres pays producteurs. Le dirigeant estime que ce malus plaidera en faveur de la production française, alors qu’aujourd’hui, plus de 80% des principes actifs de médicaments sont produits en Chine. "Si la Chine décide de limiter ses importations vers l’Europe, cela causerait une catastrophe totale pour l’Europe et pour la France".
Le prix du paracétamol dans le viseur du gouvernement
Mais le combat se joue aussi sur un autre terrain. Le gouvernement français compte faire plus de 3 milliards d’euros d’économies sur les médicaments, en particulier les médicaments matures au profit des innovations thérapeutiques. Certains médicaments,
initialement remboursés à hauteur
de 15% ou de 30%, ont vu leur taux de prise en charge abaissé respectivement à 5% et 15%. Le paracétamol n’est pas concerné, car son remboursement est actuellement à hauteur de 65%.
Pour autant, l’exécutif se penche sur une
baisse du prix du paracétamol
de 13%, soit 10 centimes pour atteindre 66 centimes d'euro au 1er janvier 2027. En ajoutant les marges des grossistes-répartiteurs et des pharmaciens, cela donne un prix public de 2,18 euros par boîte.
"Le gouvernement marche à l’envers. D’un côté, il promeut la relocalisation et, de l’autre, il taxe les produits qui vont être fabriqués ici", a tempêté Jean Boher.
Les fabricants de paracétamol français avaient plaidé pour une augmentation du prix du paracétamol de 10 centimes par boîte pour pallier les coûts de la production en France.
4.000 tonnes de principes actifs
Le dirigeant d’Ipsophene se dit tout de même "confiant" dans sa capacité de production, malgré une recherche de 25 millions d’euros d’investissements encore en cours.
L’usine toulousaine devrait commencer la production en 2028
pour une commercialisation à la fin de cette même année. En tout, 4.000 tonnes de principes actifs seront produits, soit 8% de la consommation européenne.
"Cela permettra aux laboratoires d’avoir plusieurs sources d’approvisionnement", explique Jean Boher.
Ipsophene avait bénéficié des financements de France 2030 ayant pour projet la relocalisation de molécules essentielles, tout comme Seqens en Isère, qui produira 15.000 tonnes de principe actif. Les deux entreprises ont noué des partenariats avec Opella et UPSA, deux laboratoires qui produiront le Doliprane, le Daffalgan et l’Efferalgan en France.
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