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Les importations européennes de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du projet russe Yamal ont augmenté de 9,5% sur les neuf premiers mois de 2026, selon une analyse de l'ONG allemande Urgewald réalisée à partir des données de Kpler. La France reste l'un des principaux points d'entrée de ce gaz russe en Europe, alors qu'un embargo total doit entrer en vigueur en janvier 2027.
L'Europe continue d'acheter massivement du gaz russe, malgré
les sanctions prises contre Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine
. Et les volumes importés atteignent même des records. Selon une nouvelle analyse de l'ONG allemande Urgewald, réalisée à partir des données du spécialiste du transport maritime Kpler, les ports de l'Union européenne ont réceptionné 12,18 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant du projet russe Yamal entre janvier et septembre 2026.
C'est 9,5% de plus que sur la même période en 2025. Au total, les Européens auraient déboursé quelque 7,88 milliards d'euros pour acheter ce gaz russe depuis le début de l'année, dont 2,88 milliards au premier trimestre, 3,08 milliards au deuxième et 1,92 milliard au troisième.
En neuf mois, pas moins de 167 cargaisons de GNL russe ont ainsi été déchargées dans des ports européens. Soit, en moyenne, un méthanier toutes les 38 heures.
L'Union européenne représente désormais 85% des livraisons mondiales du projet Yamal, exploité dans l'Arctique russe. Une proportion considérable, d'autant que les exportations mondiales de ce site ont légèrement reculé de 1,3% sur la période. Autrement dit, alors que Yamal a globalement expédié un peu moins de gaz, l'Europe en a acheté davantage.
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La France a reçu près des trois quarts des livraisons en septembre
Les importations européennes ont toutefois ralenti pendant l'été. Au troisième trimestre, les ports de l'UE ont réceptionné 2,21 millions de tonnes de GNL provenant de Yamal, soit 13,6% de moins qu'un an auparavant.
En septembre, les livraisons ont même légèrement dépassé leur niveau de septembre 2025, avec 792.440 tonnes de gaz russe importées, pour une valeur estimée à 818 millions d'euros.
La France occupe une place particulièrement importante dans ces échanges. Selon Urgewald, près des trois quarts des volumes de GNL russe livrés dans l'Union européenne en septembre ont été réceptionnés dans des ports français. À l'inverse, aucune livraison provenant de Yamal n'a été enregistrée ce mois-là en Espagne ni au terminal belge de Zeebrugge.
Si une grande partie de ce gaz russe arrive en France, c'est notamment parce que
TotalEnergies détient 20% du projet gazier Yamal
, dans l'Arctique russe, et dispose d'un contrat à long terme pour acheter 5 millions de tonnes de GNL par an. Ensuite parce que la France possède plusieurs terminaux méthaniers, notamment à Dunkerque et Montoir-de-Bretagne, qui permettent de réceptionner ce gaz avant de l'acheminer éventuellement vers d'autres pays européens, comme l'Allemagne. Donc tout le gaz russe débarqué dans les ports français n'est pas nécessairement consommé en France.
Ces chiffres interviennent alors que les
premières restrictions européennes sur les contrats de GNL russe
sont déjà entrées en vigueur. Depuis le 25 avril 2026, les importations réalisées dans le cadre de contrats à court terme existants sont interdites.
Pour l'ONG allemande, les effets de cette mesure restent cependant très limités.
"L'UE a importé plus de 12 millions de tonnes de GNL de Yamal cette année, cela représente en moyenne plus de 44.000 tonnes par jour", souligne Sebastian Rötters, chargé de campagne sur les sanctions chez Urgewald.
Selon lui, l'interdiction des contrats à court terme n'a jusqu'ici que très peu perturbé les échanges avec la Russie.
"Des revenus supplémentaires pour la Russie"
Comment expliquer que le gaz russe continue d'arriver massivement en Europe malgré les sanctions? Tout simplement parce que Bruxelles a prévu des périodes de transition pour les contrats déjà signés. Depuis le 25 avril 2026, l'Europe interdit les achats de gaz russe dans le cadre de contrats de courte durée. Mais les entreprises qui avaient signé des contrats sur plusieurs années peuvent continuer à recevoir du gaz russe jusqu'à la fin de l'année 2026.
L'objectif est de laisser aux entreprises européennes le temps de trouver d'autres fournisseurs sans provoquer de rupture d'approvisionnement ni de nouvelle flambée des prix. Ce n'est donc qu'à partir du 1er janvier 2027 que l'ensemble des importations de GNL russe doit être interdit.
Une échéance qui pourrait priver Moscou de son principal débouché pour le gaz produit dans l'Arctique. La proximité des ports européens permet aux méthaniers russes de multiplier les allers-retours. Le projet Yamal dépend notamment de navires brise-glace de classe Arc7, capables de naviguer dans les eaux glacées de l'Arctique, y compris en hiver.
Urgewald appelle donc les Européens à aller plus loin en s'attaquant directement aux services qui permettent à cette flotte de fonctionner.
"Chaque mois supplémentaire pendant lequel le commerce de GNL se poursuit pratiquement sans interruption signifie des revenus supplémentaires pour la Russie, alors que l'Ukraine continue de subir quotidiennement des attaques de missiles et de drones", dénonce Sebastian Rötters.
Donald Trump peut désormais sanctionner les méthaniers russes
Une autre menace pèse sur les exportations russes. Le 18 septembre, les États-Unis ont adopté le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act, une loi permettant de sanctionner les acteurs participant au commerce du GNL russe.
Le texte vise notamment les dirigeants du projet Yamal, les navires étrangers transportant sciemment du GNL russe, mais aussi les propriétaires et exploitants de ports étrangers qui accueilleraient certains navires sous sanctions américaines ou leur fourniraient des services.
Son application dépend toutefois des décisions du président américain, qui dispose également de possibilités de dérogation.
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