📄 Contenu
Invitée ce jeudi matin sur Franceinfo, la ministre de l'Énergie et porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a défendu la libération annoncée hier soir par Sébastien Lecornu de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques français.
Le gouvernement promet une baisse de "12 à 18 centimes" des prix à la pompe. Mercredi soir, le Premier ministre
a annoncé la libération sur trois mois de "10 millions de barils de gazole"
issus des réserves stratégiques françaises pour détendre le prix du litre de gazole dans les stations-service.
"On a aujourd'hui un stock stratégique, en France, de 50 millions de barils de diesel" et la consommation française sur trois mois s'élève à "54 millions de barils", a précisé ce jeudi matin la ministre de l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur Franceinfo. Ces 10 millions de barils représentent donc "peu ou prou 20% de cette consommation" et ils seront libérés "à un prix d'achat antérieur à la crise [...] donc bien moins cher que les prix de marché aujourd'hui", a-t-elle poursuivi.
"On s'assurera que l'ensemble des stations en sont bénéficiaires", a affirmé Maud Bregeon, assurant par ailleurs que la France disposait d'un "stock stratégique suffisamment important" pour que cette mesure "n'impacte pas [sa] sécurité d'approvisionnement".
Pourquoi le prix du pétrole ne baisse-t-il pas malgré la hausse des exportations au Moyen-Orient?
2:46
Cette libération de 10 millions de barils de gazole intervient dans le cadre du G7, sous la coordination de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui a convenu vendredi de libérer jusqu'à 100 millions de barils de gazole et pétrole brut dans les quatre mois. Cet accord repose uniquement sur le diesel, et non l'essence, car il affiche "les prix les plus élevés" à la pompe et parce que "les principales tensions à l'échelle internationale", surtout "sur le raffinage", le concernent, appuie la ministre de l'Énergie.
"On peut se permettre de faire ce geste"
En mars 2026, au début de la guerre au Moyen-Orient,
les 32 pays membres de l'AIE avaient décidé de libérer 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves stratégiques
, parmi lesquels 14,5 millions de barils pour la France. Avec les 10 millions de barils annoncés mercredi par Sébastien Lecornu, "la France va libérer bien davantage de volumes que ce que nous avons fait il y a 5 ou 6 mois", a pourtant avancé Maud Bregeon.
"C'était 14,5 millions en objectif" en mars, mais "il y a eu moins de stocks libérés que l'objectif initialement posé sur la table", a-t-elle poursuivi.
"Aux premières semaines" du conflit au Moyen-Orient, "on avait donc de grandes incertitudes sur notre sécurité d'approvisionnement et sur la manière dont le marché allait pouvoir se réorganiser", a justifié la ministre. "On ne pouvait pas écarter [...] un risque à terme sur l'approvisionnement, ce qui nous a amené [...] à être particulièrement vigilants dans la manière dont on libérait nos stocks", a-t-elle indiqué. "Aujourd'hui, on a un peu de recul" et "on voit que le marché s'est stabilisé en termes de volumes", donc "on peut se permettre de faire ce geste", selon elle.
Sujets liés :
Energie
Gouvernement