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Lors d'une intervention à l'événement Big 2026 de BPI France, le patron de Totalenergies a évoqué son opération de plafonnement des prix qui a, selon lui, permis au géant pétrolier de devenir "une marque populaire dans le pays".
Patrick Pouyanné continue de défendre son opération de plafonnement des prix à la pompe dans les stations Totalenergies mise en place après le début de la guerre au Moyen-Orient. Jeudi matin, le patron du géant pétrolier a pris la parole au cours de
l'événement annuel Big organisé par BPI France à l'Accor Arena
. "Je suis la seule entreprise au monde à être sortie des règles du marché en plafonnement les prix du carburant en France, a-t-il affirmé. J'y voyais un intérêt pour l'entreprise, pour les consommateurs."
"Aujourd'hui, grâce à cette opération, nous sommes devenus une marque populaire dans le pays. Ce qui est pas mal, c'est que j'ai même réussi à réconcilier capitalisme, faire de l'argent et popularité en France."
Actuellement, Totalenergies plafonne le litre de gazole à 2,25 euros et celui d'essence à 1,99 euro, soit des niveaux bien inférieurs à la moyenne nationale. Le plafonnement, tel que pratiqué depuis cinq mois de manière discontinue, a déjà coûté "entre 250 et 300 millions" d'euros au groupe français, qui a vu cette année son bénéfice doubler au premier semestre, à 11,2 milliards d'euros.
"Rien ne nous obligeait" à ce plafonnement, avait expliqué fin août sur France Inter le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné. En mai dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait appelé l'entreprise "à un plafonnement généreux" des prix, alors que la classe politique le pressait de mettre en place une taxation des surprofits. "Si quelque part il y a une taxation, on en tirera les leçons et il n'y aura plus jamais de plafonnement chez TotalEnergies", avait dit Patrick Pouyanné il y a plus d'un mois, réitérant des menaces.
Une opération vivement critiquée par les distributeurs
Les grands distributeurs français accusent Totalenergies, qui produit et raffine du pétrole, d'en profiter. "Il y a des gens qui profitent de cette situation, et peut-être de manière indue, et c'est pour ça que je dis, attaquons-nous à ces marges qui sont stratosphériques", s'est plaint le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, qui parle de "concurrence déloyale".
"Moi,
je ne peux pas le (Totalenergies, NDLR) suivre
, nous ne pouvons pas descendre plus bas que nos prix aujourd'hui", a indiqué Michel Edouard-Leclerc, pour qui "les raffineurs s'en mettent plein les poches".
D'autant que, comme le rappelle la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), le plafonnement des prix appliqué par Totalenergies "rend le produit d'appel de la grand distribution plus du tout compétitif", elle qui attire habituellement les clients dans ses supermarchés et hypermarchés via l'essence à bas prix.
L'opération est bonne pour Totalenergies, qui engrange des clients - deux à trois points de parts de marché gagnées selon le groupe (passant "de 22% à 25%"). Et redore aussi son image, selon son PDG : "cela a surtout fait gagner de la sympathie des Français pour une entreprise", qui est parfois "très décriée", notamment pour la faiblesse de son impôt sur les sociétés en France, au regard de ses bénéfices mondiaux.
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