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Empêtré dans une crise sans précédent, le constructeur de bolides de luxe Porsche veut vendre moins de véhicules, mais encore plus chers pour redresser une rentabilité en chute libre face à la concurrence chinoise, a-t-il annoncé mercredi.
Ses mots d'ordre sont
"la valeur avant le volume"
. La filiale du géant automobile allemand Volkswagen, Porsche, lui-même en difficulté, veut abaisser son seuil de rentabilité sous les 200.000 véhicules par an, selon sa nouvelle stratégie à l'horizon 2035, présentée mercredi 7 octobre dans son centre de développement de Weissach, près de Stuttgart (au sud-ouest de l'Allemagne).
L'an dernier, Porsche a livré près de 280.000 véhicules, en baisse de 10% par rapport à 2024. Dans le même temps, le constructeur de la mythique 911 veut augmenter d'environ 20% à moyen terme le prix de vente moyen de ses modèles haut de gamme, notamment en renforçant leur exclusivité. Cette stratégie doit permettre au groupe de faire remonter sa marge opérationnelle dans une fourchette comprise entre 10 et 15% d'ici à 2030, et à 15% à plus long terme, selon un communiqué.
9.000 postes supprimés d'ici à 2030 (soit un quart des effectifs)
La rentabilité de Porsche s'était effondrée en 2025
à 1,1%, du jamais vu pour un constructeur de véhicules ultra haut de gamme. Le groupe veut accompagner sa montée en gamme d'une forte réduction de ses coûts.
Confronté à l'effondrement de ses ventes en Chine et à une demande de voitures électriques plus faible qu'espéré, Porsche
prévoit de réduire ses effectifs d'un quart d'ici 2030, ce qui correspond aux 9.000 suppressions de postes déjà annoncées à cet horizon
.
Le constructeur a précisé mercredi vouloir également supprimer 40% des postes de direction, afin notamment d'accélérer les prises de décision. Il compte aussi réduire de 20% le nombre de variantes de ses modèles et diminuer les coûts et délais de développement de ses futurs véhicules.
"La 911 ne sera(it) jamais électrique"
Quant à la Chine, où les livraisons ont chuté de près d'un tiers au premier semestre 2026, le patron Michael Leiters a assumé devant les journalistes vouloir "un business plus petit mais plus fort et résilient". À l'origine d'environ 35% des ventes de Porsche à son pic, la Chine n'en représente plus que quelque 15%. Une part encore appelée à diminuer. Le constructeur veut en conséquence réduire fortement son réseau dans le pays, de plus de 150 points de vente à une fourchette de 75 à 80 d'ici fin 2026.
Face au ralentissement de la demande électrique, Michael Leiters a également confirmé que Porsche continuerait d'investir dans les moteurs thermiques et hybrides rechargeables, tout en poursuivant ses investissements dans les technologies électriques.
"Renforcer nos investissements dans les technologies de combustion ne signifie pas se désengager de l'énergie électrique", a-t-il dit, assurant toutefois que "
la 911
ne sera(it) jamais électrique".
Au Mdax (indice boursier allemand regroupant les 50 entreprises de taille moyenne cotée à la Bourse de Francfort),
l'action Porsche a progressé de plus de 4% dans les premiers échanges
, avant de ralentir autour de 1,3 % vers 7h45 GMT.
Culture Bourse : "Que faut-il penser de Porsche ?", par Julie Cohen-Heurton – 01/07
3:34
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