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La députée de la 2e circonscription du Puy-de-Dôme, Christine Pirès-Beaune était à bord de cet Intercité parti avec moins de voitures que prévu. Elle demande des explications au nouveau patron de SNCF Voyageurs.
Pas de panne de locomotive ou de rupture d'alimentation donnant lieu à des heures de retard cette fois, mais de nombreux voyageurs de cet Intercités Clermont Ferrand-Paris du 4 septembre dernier ont encore vécu une douloureuse expérience. Comme le relate
La Montagne
, le train est parti de la ville auvergnate avec six voitures au lieu de douze. Environ 200 passagers se sont retrouvés sans siège et ont donc dû voyager debout ou assis par terre. À bord se trouvait
Christine Pirès-Beaune
, députée de la 2e circonscription du Puy-de-Dôme et Première Questeure de l'Assemblée nationale. Suite à cet incident, elle a décidé d'écrire directement à Jean-Aimé Mougenot, le nouveau directeur général de SNCF Voyageurs.
Elle ne mâche pas ses mots, "un grand nombre d'entre eux ont voyagé assis par terre, debout dans les couloirs et entassés les uns contre les autres, dans des conditions qui ne sont pas dignes d'un service ferroviaire public". Et de poursuivre : "comment la SNCF peut-elle vendre des billets avec des places attribuées et accepter ensuite qu'une partie importante des voitures prévues ne soit pas au départ ?".
"Il ne s'agit plus simplement d'un train en retard ou d'un incident régulier : c'est la sécurité, la dignité et le respect des voyageurs qui sont en jeu", lance-t-elle.
L'élue pointe également le manque d'assistance à bord, "aucune distribution d'eau n'a été assurée et la climatisation ne fonctionnait pas". Elle s'interroge sur le dédommagement proposé, un bon remise d'un montant de 15% du billet, une compensation "totalement inappropriée", selon elle. Elle demande à l'opérateur de "reconsidérer cette décision".
Un dédommagement "totalement inapproprié"
Interrogé par BFM Business, SNCF Voyageurs se dit "sincèrement désolé pour les désagréments subis par certains de nos clients. Ce jour-là, les difficultés ont commencé avec le train Clermont-Paris 5970. Il s’est avéré que trois voitures étaient défaillantes, dont une présentait un risque potentiel pour la sécurité. Ces voitures devaient donc être écartées de la composition du train. Mais étant donné le temps nécessaire pour recomposer entièrement le train, celui-ci aurait dû être supprimé ou être transformé en unité simple (à 6 voitures). Cela n’était tout simplement pas envisageable, car ce train embarquait 116 coureurs et vélos de la course cycliste L’Echappée Michelin, à qui 2 voitures étaient réservées".
"Il a donc été décidé d’effectuer la manœuvre la plus rapide, à savoir sortir entièrement le bloc de 6 voitures où se trouvaient les voitures à remplacer en priorité, et lui substituer un bloc de même capacité qui avait été préparé pour le train suivant. Ce croisement a de fait mis le train suivant (5978) en unité simple. En effet, les 3 heures séparant le départ du 5970 de celui du 5978 ne permettaient pas de recomposer un nouveau bloc de 6 ou 7 voitures. C’est pourquoi le 5978 est parti à 6 voitures au lieu des 12 mises en vente", poursuit l'opérateur.
La SNCF assure que "les clients dont la place ne pouvait pas être assurée ont été recontactés le matin, une majorité a pu se repositionner sans frais sur les trains suivants mais environ 180 clients n’ont pas pu être replacés. Nos chefs de bord ont fait tout leur possible pour les replacer, mais cela explique les difficultés qui ont pu être remontées".
La SNCF met en avant des "tensions" sur le matériel
Et de concéder que "cette situation est révélatrice des difficultés que nous rencontrons depuis plusieurs mois, liées aux tensions sur la disponibilité des voitures Corail. Nous sommes pleinement conscients des difficultés causées par cette situation (...) Cette situation résulte de la conjugaison de contraintes industrielles, capacitaires, techniques et d’approvisionnement". Et d'assurer qu'un 'plan d’action engagé continuera à produire ces effets dans les prochaines semaines".
Les problèmes de cette ligne sont récurrents et historiques, ils touchent à la fois l'infrastructure et le matériel roulant très ancien, souvent sujet à des pannes. Retirer des voitures d'un train (pour des problèmes techniques le plus souvent) n'est pas rare. Reste que cette ligne est importante en termes de trafic avec 2 millions de passagers par an.
Bonne nouvelle néanmoins, les nouveaux trains Oxygène, fabriquées par l'espagnol CAF,
seront bien sur les rails à l'été 2027
, comme l'a à nouveau confirmé Jean Castex, le patron de la SNCF ce jeudi, avec trois ans de retard tout de même. Ces rames pourront embarquer 420 passagers contre 396 auparavant à une vitesse maximale de 200km/h avec bien plus de confort et de fiabilité. Dans le même temps, d'importants travaux de régénération du réseau ont commencé en 2025.
"On ne va pas réécrire l’histoire : la patience a été longue, parfois épuisante. Mais on peut désormais regarder l’horizon avec une vraie perspective. Le bout du tunnel n’est plus une promesse, c’est un calendrier", veut croire Frédéric Aguilera, le maire de Vichy, une des villes desservie par la ligne.
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