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Le secteur aérien prévient que le triplement d'une taxe visant les gestionnaires d'aéroports dans le budget 2027 va se traduire par une hausse du prix des billets d'avion

📅 03/10/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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Cette mesure inscrite au budget 2027 doit participer au renflouement des caisses de l'État. Mais pour la filière, la hausse de la taxe qui frappera les aéroports les plus rentables pourrait se traduire par une hausse des redevances aéroportuaires payées par les compagnies aériennes. C'est la stupéfaction. Le secteur français de l'aérien n'a pas de mots assez durs pour qualifier le projet de quasi triplement de la taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance (TEITLD) inscrite dans le projet de loi de finances 2027. La proposition consiste à porter jusqu'à 12,2% le taux de cette taxe contre 4,6% actuellement. Mise en place par la loi de finances pour 2024, elle avait initialement été présentée comme un moyen de mettre davantage à contribution les sociétés d'autoroutes, régulièrement pointées pour leur forte rentabilité. Son champ avait finalement été étendu aux grands aéroports. Son rendement passerait d’environ 600 millions à 1,4 milliard d’euros par an. "Avec cette mesure, le Gouvernement entend répartir l’effort de redressement des comptes publics, en faisant davantage contribuer les actionnaires de ces sociétés, sans faire peser d’effort sur les usagers", indique le ministère des Transports. Pour le secteur, cette mesure va non seulement encore plus fragiliser le pavillon français dont la croissance du trafic est bien inférieure à la moyenne européenne , mais elle risque surtout d'être répercutée in fine sur le passager. "Cette décision intervient alors que le transport aérien français subit de plein fouet le choc fiscal de 2025 (avec la hausse de la TBSA, la taxe de solidarité sur les billets, NDLR) et les effets de la crise géopolitique dans le Golfe. Elle accélérerait le décrochage de la France", s'inquiète l'UAF, l'Union des aéroports français. Choc fiscal Le gouvernement souligne que le montant de la taxe sera progressif et s'appuiera sur la rentabilité des aéroports. Pour faire simple, seuls les plus gros (à partir de 120 millions d'euros de revenus par an et 10% de rentabilité moyenne sur les sept derniers exercices) verront la taxe augmenter avec un plafond fixé à 12,2%, alors que les petits aéroports régionaux seront moins ponctionnés. Il faut donc comprendre qu'une minorité d'aéroports atteindront ce plafond. Mais le Scara, syndicat qui réunit la moitié des compagnies aériennes françaises, rappelle que cette taxe n'a jamais prévu de mesures interdisant aux aéroports de la refacturer d'une manière ou d'une autre à leurs clients, les compagnies aériennes, à travers les redevances aéroportuaires qui elles-mêmes peuvent être tentées de les répercuter en partie sur les billets, de quoi finalement bien faire peser une partie de l'effort sur les passagers. Le Scara indique qu'"en 2025, sur les 140 millions d'euros de TEITLD dont il a dû s’acquitter sur ses superprofits, le groupe Aéroports de Paris (ADP) a ainsi refacturé 100 millions d'euros aux compagnies aériennes dont 60 millions aux seules compagnies françaises. Si le triplement de cette taxe en 2027 se confirme, elle coûtera 300 millions d'euros aux compagnies aériennes qui sont loin de réaliser des superprofits, voire même de simples profits". Le gouvernement s'était pourtant prononcé contre en 2025 "Ces 300 millions s’ajouteront aux 600 millions de Taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA)" affirme le Scara sous-entendant que les compagnies n'auront d'autre choix que d'augmenter le prix de leurs billets. "Au total, 900 millions d'euros de TEITLD et de TSBA seront prélevés sur les compagnies aériennes pour financer des infrastructures qui ne les concernent pas (ferroviaires, routières, maritimes et fluviales) ou pour renflouer les caisses de l’État, dans un contexte particulièrement difficile pour les compagnies aériennes qui doivent faire face à la flambée du prix du kérosène ", martèle l'organisation. Cette mesure est d'autant plus difficile à avaler que le gouvernement avait indiqué en 2025 qu'une augmentation de la TEITLD serait contre-productive, rappelle l'UAF. "Si nous augmentons le taux, nous risquons de fragiliser la situation déjà délicate de certains aéroports régionaux, qui contribuent à l’équilibre du territoire. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement est favorable au maintien d’un taux stable", expliquait lors de la séance publique du Sénat du 3 décembre 2025, David Amiel, alors ministre délégué auprès de la ministre de l’Action et des Comptes publics, chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État. Sujets liés : Transports Entreprises Industries