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Selon les chiffres du régulateur, 8 millions de passagers ont voyagé à bord d'un Flixbus ou d'un BlablaCar Bus lors des six premiers mois de l'année, soit +4% en un an.
La hausse des prix des carburants aura au moins un effet positif : l'accélération du report modal. Certains Français ont ainsi décidé d'abandonner leur voiture pour se tourner vers le train, notamment les TER pour les trajets domicile-travail, mais aussi vers les cars pour des trajets régionaux ou nationaux. Selon
les derniers chiffres
de l'ART, l'Autorité de régulation des transports, 8 millions de passagers ont voyagé à bord d'un Flixbus ou d'un BlablaBus lors des six premiers mois de l'année, soit +4% en un an.
"La fréquentation domestique reste la locomotive de la croissance du trafic" avec une hausse annuelle de 5% à 5,6 millions de voyageurs contre +2% pour les trajets internationaux.
L'attractivité des "cars Macron" a été préservée voire renforcée par la capacité des opérateurs à maintenir leurs prix malgré la hausse de leurs coûts en carburant. "La recette par passager domestique pour 100 km à la mi-2026 s’établit à 6,3 euros, soit un niveau inchangé par rapport à 2025", observe l'ART. "Sur la même période, le prix moyen des carburants a augmenté de 12% en France, une hausse qui n’est pas, à date, répercutée dans les prix acquittés par les passagers. Le taux d’occupation reste comparable au niveau de début 2025 (63%, -1 point)".
Autre levier pour attirer les clients : une offre qui progresse encore. Le régulateur observe "l’allongement des distances parcourues par les autocars (59 millions d’autocars.km, +4%) et la hausse des places offertes (+5% des sièges.km)".
Un retour du monopole qui inquiète
La question
est désormais de savoir
si cette maîtrise des prix et de l'offre va perdurer alors que BlaBlaCar a annoncé sa volonté d'arrêter en 2027 son service de transports en autocar, laissant Flixbus en situation de monopole. "Certains acteurs ont qualifié cette situation de monopole potentiel d’échec de l’ouverture du secteur, tandis que d’autres se sont interrogés sur les risques de hausse des prix et de rationalisation de l’offre", résume ainsi l'ART, le régulateur des transports dans un
rapport sur le secteur
publié en juin dernier.
Pour le régulateur, la concurrence des autres modes de transport comme le train ou le covoiturage forcera le seul acteur en place à maintenir ses taris et son offre. "Dans ces conditions, une hausse excessive des prix ou une dégradation de l’offre pourrait conduire une partie des voyageurs à se reporter vers d’autres modes de transport, d’autant que l’attractivité des autocars repose en grande partie sur des prix compétitifs et un maillage territorial dense", estime l'ART.
"Si l'ART indique que des garde-fous existent, il en reste que le retrait de Blablabus pourrait induire une hausse des tarifs faute de concurrence (il reste de la marge entre les prix moyens d'un billet de train longue distance et ceux d'un billet d'autocar), qui, même si mineure, pourrait impacter largement la clientèle habituée à ce mode de transport qui est très sensible aux variations de prix, un recul des lignes secondaires jugées non ou moins rentables, et une dégradation du maillage rural et péri-urbain", estime néanmoins Camille Leroy-Simon, manager au sein du cabinet Colombus Consulting, experte Transports & Mobilités.
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