← Retour aux articles

Elle est plus haute que la Tour Eiffel avec ses 365 mètres: la plus grande éolienne du monde est prête, elle peut produire 2 fois plus d'électricité

📅 30/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
🔗 Voir l'article original

🏢 Entreprises mentionnées

Publicis Groupe (PUB.PA)

📊 Secteurs

Finance Consommation Énergie Services aux collectivités Consommation de base Services de communication Services financiers Services publics

📄 Contenu

Avec ses 365 mètres, la plus haute éolienne du monde vient d’être achevée en Allemagne. Une hauteur qui doit surtout lui permettre d’aller chercher des vents plus puissants et plus réguliers, avec l’ambition de produire deux fois plus d’électricité qu’une installation comparable à hauteur conventionnelle. Elle dépasse désormais la tour Eiffel de 35 mètres. À Schipkau, dans le Brandebourg, la plus haute éolienne du monde vient d'atteindre sa hauteur définitive : 365 mètres jusqu'à l'extrémité de ses pales. Son moyeu culmine à lui seul à 300 mètres, un record mondial également reconnu par la Fédération allemande de l'énergie éolienne . L'installation construite par l'entreprise allemande Gicon devient ainsi le deuxième édifice le plus haut d'Allemagne, à seulement trois mètres de la célèbre tour de télévision de Berlin et ses 368 mètres. Sa mise en service est prévue en novembre prochain. Mais pourquoi dresser une éolienne aussi monumentale dans un champ au milieu de ses "petites sœurs" qu'elle dépasse de 170 mètres ? Car à 300 mètres d'altitude, les conditions ne sont plus les mêmes qu'à la hauteur des éoliennes terrestres traditionnelles, dont les installations les plus hautes atteignent généralement 200 à 250 mètres. Des mesures réalisées sur un mât de 300 mètres installé à proximité du chantier ont montré, selon Gicon , que l'énergie disponible dans le vent augmentait d'environ 40% à cette altitude. L'effet sur la production électrique serait encore plus important puisque l'entreprise estime qu'une éolienne installée à 300 mètres peut produire environ deux fois plus d'électricité qu'une installation comparable dotée du même diamètre de rotor mais installée à une hauteur conventionnelle. Ce contenu ne peut pas être affiché Ce contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez : Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ». Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site. Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles . Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affiché Paramétrer les cookies L'explication tient notamment au fait que le vent devient non seulement plus puissant mais aussi plus régulier à mesure que l'on s'éloigne du sol et de ses obstacles. L'éolienne peut donc fonctionner davantage d'heures à une puissance élevée. "Nous atteignons ainsi des rendements comme ceux que nous connaissons dans l’offshore, assure Jochen Großmann, fondateur de Gicon, à la RBB , l’audiovisuel public régional de Berlin et du Brandebourg. Gicon estime ainsi que ses futures éoliennes de grande hauteur équipées de turbines d'au moins 8 MW pourraient produire entre 30 et 33 GWh d'électricité par an, soit théoriquement la consommation d'environ 7.500 foyers de quatre personnes, plus du double de la production attendue d'une installation comparable à hauteur conventionnelle. En produisant beaucoup plus d'électricité avec un rotor de taille comparable, Gicon espère abaisser fortement le coût de chaque kilowattheure produit. Le groupe estime que ses éoliennes de grande hauteur pourraient produire de l'électricité pour moins de 5 centimes d'euro par kWh. Ce qui reste plus élevé que la normale. L'Agence internationale pour les énergies renouvelables évaluait à environ 3,4 centimes de dollar par kWh le coût moyen mondial de production des nouveaux projets éoliens terrestres en 2024. Le pari de Gicon est surtout de se rapprocher des niveaux de production de l'éolien en mer tout en restant à terre, et donc en évitant une partie des surcoûts liés aux fondations offshore, aux raccordements sous-marins et aux opérations de maintenance en mer. Les 5 centimes annoncés restent toutefois à ce stade un objectif du constructeur puisque l'éolienne de Schipkau doit précisément permettre de vérifier, une fois en fonctionnement, si les gains de production obtenus à 300 mètres compensent le surcoût considérable d'une tour aussi haute. Si le démonstrateur tient ses promesses, l'intérêt ne serait pas seulement de produire davantage d'électricité sur les sites déjà très venteux. Monter à 300 mètres pourrait rendre exploitables des territoires aujourd'hui considérés comme insuffisamment ventés pour rentabiliser une éolienne terrestre classique. Autre possibilité avancée par Gicon : installer ces éoliennes géantes à l'intérieur de parcs existants. Leur rotor fonctionnerait en quelque sorte à un "deuxième étage", au-dessus des machines traditionnelles. L'entreprise estime que cette solution permettrait d'augmenter la production d'un parc sans accroître dans les mêmes proportions son emprise au sol. Construction impossible avec une grue traditionnelle Encore fallait-il parvenir à construire une éolienne à une telle hauteur. Car même les grues géantes utilisées sur le chantier ne peuvent pas installer directement une nacelle à 300 mètres. Les ingénieurs ont donc imaginé une sorte de tour télescopique. Un pylône intérieur en treillis métallique est construit à l'intérieur d'une structure extérieure. La turbine, le moyeu et les gigantesques pales sont assemblés beaucoup plus bas, autour de 160 mètres, à une hauteur encore accessible aux grues. Le chantier de la plus haute éolienne du monde à Schipkau, dans le Brandebourg. Son moyeu doit culminer à 300 mètres et l’extrémité de ses pales à 365 mètres, soit environ 170 mètres de plus que les éoliennes voisines. © GICON L'ensemble est ensuite soulevé grâce à un dispositif hydraulique qui avance à environ neuf mètres par heure et le levage complet nécessite près de 24 heures. L'ensemble mobile représente environ 750 tonnes. Une prouesse technique qui n'a pas été sans difficultés. Le chantier avait déjà pris plusieurs mois de retard après la découverte de défauts de qualité sur des éléments métalliques fournis par un sous-traitant. Gicon avait alors interrompu les travaux et remplacé les pièces concernées. "La sécurité passe avant la vitesse", avait expliqué Jochen Großmann lors de la reprise du chantier au printemps. La difficulté principale dans ce chantier, c'est surtout... le vent. Les trois pales ont d'abord dû être installées avant que la tour ne soit déployée à sa hauteur maximale. Puis de fortes rafales ont contraint les équipes à interrompre le levage final et à reporter de plusieurs jours l'annonce du record mondial. L'éolienne a finalement atteint ses 365 mètres ce lundi 28 septembre. La tour intérieure a alors été fixée dans sa position définitive. Gicon veut maintenant démontrer que cette architecture peut être reproduite à grande échelle. L'entreprise évoque la possibilité de construire jusqu'à 1.000 installations de ce type en Allemagne si le démonstrateur confirme les performances attendues. Son dirigeant estime même que les parcs éoliens allemands existants pourraient théoriquement accueillir plusieurs milliers d'éoliennes de grande hauteur supplémentaires. Sujets liés : Energie International