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Depuis le début de l'année, le parti britannique Reform UK a reçu 85 millions de livres pour augmenter ses chances de remporter les prochaines élections législatives.
Le parti anti-immigration Reform UK a reçu coup sur coup deux dons records de deux cryptomilliardaires qui espèrent augmenter ses chances de remporter les prochaines élections législatives au Royaume-Uni, au risque d'accentuer la controverse sur le financement de la formation de Nigel Farage.
Un premier don de 36 millions de livres (42 millions d'euros)
a été annoncé vendredi au quotidien conservateur Daily Telegraph par le cryptomilliardaire Ben Delo, qui avait plaidé coupable aux États-Unis en 2022 de violation de la loi sur le secret bancaire mais avait été gracié par le président américain Donald Trump la même année.
Basé à Hong Kong (Chine), le cofondateur de la plateforme d'échanges de cryptomonnaies BitMEX a précisé que ce paiement unique correspondait à un soutien d'un million de livres par mois jusqu'aux prochaines élections législatives, attendues à la mi-2029.
Samedi, Christopher Harborne, cryptomilliardaire basé en Thaïlande, sixième fortune du Royaume-Uni selon le classement du Times et détenteur du précédent record de 9 millions de livres accordé à Reform UK en 2025, a annoncé au Telegraph faire lui aussi un don de 36 millions.
Les deux hommes ont justifié leurs démarches par la nécessité d'aider Reform UK à se doter d'une infrastructure comparable à celles des partis traditionnels conservateur et travailliste, et à "se préparer à gouverner".
Enquêtes multiples
"Grâce à la générosité de Christopher Harborne et de Ben Delo, Reform pourra désormais se battre et remporter les prochaines élections générales sur un pied d'égalité", a réagi sur X Nigel Farage, chef de Reform UK, se disant "honoré" par ces dons.
Ces chiffres record portent à quelque 85 millions de livres le total
des dons reçus par Reform UK
depuis le début de l'année, selon le Telegraph - contre 10,2 millions de livres levés par les conservateurs et 7,7 millions par le Labour - alors même que des enquêtes policières et parlementaires sont en cours sur d'autres dons reçus tant par le parti que par Nigel Farage lui-même.
L'homme qui a porté le vote pour le Brexit est visé par une enquête parlementaire pour ne pas avoir déclaré un don de cinq millions de livres (5,7 millions d'euros) reçu de Christopher Harborne peu avant qu'il déclare sa candidature aux législatives de 2024, qui lui ont permis d'être élu député pour la première fois.
M. Farage dément toute malversation, affirmant que ce don lui avait été accordé à titre purement privé et n'avait donc pas à être déclaré.
La police de Londres a par ailleurs annoncé mercredi élargir une enquête criminelle ouverte en février 2025 sur des dons versés à Reform UK avant les législatives de 2024, pour y intégrer de nouvelles accusations de dons de l'étranger apparus après la diffusion d'un reportage en caméra caché la semaine dernière.
Plafonner les dons?
Ces donations à répétition devraient relancer les appels à plafonner le financement des partis. Jusqu'ici, le gouvernement travailliste s'est montré réticent à imposer une limite générale sur les contributions nationales, estimant que cela risquait d'impacter les syndicats, soutiens-clés du Labour.
Un projet de loi en ce sens a néanmoins été déposé par une députée travailliste, qui plafonnerait à 100.000 livres (117.000 euros) par an les dons à des partis politiques venant de Britanniques vivant à l'étranger. Reste à savoir si ces sommes record permettront à Reform UK de retrouver son élan.
Après avoir connu une belle ascension en 2025 et début 2026 et remporté les élections locales en mai, le parti a été rattrapé par les travaillistes dans les sondages d'intentions de vote cet été, après les accusations de don personnel non déclaré à Nigel Farage et l'arrivée au pouvoir du travailliste Andy Burnham, plus populaire que son prédécesseur Keir Starmer.
Nigel Farage s'est présenté en victime de "l'establishment" et a essayé de reprendre la main en remettant en jeu son siège de député dans la circonscription de Clacton, dans le sud-est de l'Angleterre. Bien que largement réélu en août, le scrutin, boycotté par tous les partis, a tourné à la farce, son principal adversaire étant un candidat fantaisiste, le "Comte Tête-de-Poubelle" ("Count Binface").
Il espérait se remettre en selle lors du congrès de Reform UK la semaine dernière, avec un programme pour les 100 premiers jours où le parti serait au gouvernement. Mais la sortie au même moment du reportage compromettant sur ses finances a douché ses espoirs.
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Pauline Armandet
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