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Après un été de vives réticences, la France accepte de procéder à des tests sur route de deux véhicules équipés de la fonction "FSD" ("conduite automatique supervisée") de Tesla. Ce virage du ministère des Transports intervient à quelques heures de l'inauguration du Cybercab 100% autonome à Austin et à un mois d'un vote européen déterminant pour l'homologation de la conduite très assistée du constructeur américain.
La France est-elle en train de changer d'avis sur la conduite "très assistée" de Tesla ? À l'issue d'un entretien en visioconférence qui s'est déroulé dans la soirée du mardi 2 septembre 2026 entre le ministre des Transports Philippe Tabarot et Elon Musk, Paris autorise officiellement le déploiement de deux véhicules de tests
équipés du système "Full Self-Driving" (FSD)
, ou "conduite automatique (supervisée)" en France.
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Alors que
la France s'opposait fermement à cette technologie en juillet
, pointant du doigt des failles de sécurité, des excès de vitesse contextuels et une attention insuffisante du conducteur, le ministère accepte désormais d'évaluer sur la voie publique les dernières mises à jour logicielles de la marque américaine.
"Aujourd'hui, à date, il n'y a aucun point bloquant impossible à résoudre qui a été identifié" lors des premiers tests sur circuit réalisés depuis la réception des deux voitures la semaine précédente, ont expliqué ce jeudi 3 septembre des représentants du ministère des Transports à l'AFP.
"Il n'y a pas d'obstacle majeur a priori à ce que ce système soit potentiellement adapté à une conduite européenne avec un autre paramétrage", ont-ils ajouté.
La France clé de voûte du vote européen du 6 octobre
L'enjeu est de taille pour les 260.000 propriétaires de Tesla éligibles dans l'Hexagone, mais surtout pour le calendrier politique européen. L'option, dans un premier temps facturée 7.500 euros, et désormais seulement sur abonnement à 99 euros par mois, aux Pays-Bas où cette technologie est déjà disponible, a aussi été lancée en Belgique, au Danemark, en Lituanie et en Estonie.
Cette expérimentation française prend une dimension capitale en vue de l'échéance du 6 octobre 2026 à Bruxelles. Le Comité technique pour les véhicules à moteur (TCMV) doit alors statuer sur l'homologation du FSD à l'échelle du continent. Pour obtenir le feu vert communautaire sous la réglementation UN R171, Tesla doit réunir une majorité qualifiée d'au moins 15 États membres représentant 65% de la population de l'Union européenne.
Si les cinq pays pionniers (Pays-Bas, Belgique, Danemark, Estonie et Lituanie) accordent donc déjà des dérogations locales, l'opposition des poids lourds comme la France bloquait toute adoption globale.
Pour rassurer les régulateurs, le constructeur met en avant un bilan de 1 million de kilomètres parcourus sur le sol européen et affirme enregistrer 4,1 fois moins d'accidents qu'en conduite humaine. Il convient toutefois de rappeler qu'il s'agit d'une aide à la conduite supervisée de Niveau 2+, où le conducteur conserve 100% de la responsabilité juridique et doit donc être en permanence capable de reprendre le volant. Le regard du conducteur est d'ailleurs surveillé par une caméra, pas question donc de faire autre chose que de surveiller la route pendant un trajet sous peine d'être privé de la fonction sur une période plus ou moins longue.
Si lors de
notre test aux Pays-Bas en avril dernier
, le Model Y en FSD avait assuré quasiment l'intégralité du parcours sans intervention, il ne s'agit donc pas du tout de "conduite 100% autonome".
Le robotaxi Cybercab officiellement lancé à Austin
Pendant que l'Europe débat sur l'encadrement des aides à la conduite, Tesla franchit un cap industriel majeur de l'autre côté de l'Atlantique. Le constructeur organise cette nuit du 3 au 4 septembre 2026 la présentation officielle
du Cybercab
à la Gigafactory d'Austin, au Texas, vers 2 heures du matin heure française.
A l'intérieur du Tesla Cybercab © Tesla
Dépourvu de volant et de pédales, ce véhicule deux places conçu exclusivement pour le transport autonome de Niveau 4 vise un coût de fabrication sous les 30.000 dollars et un rechargement intégral par induction. Après une phase d'expérimentation interne menée auprès de ses employés, la firme texane amorce le déploiement commercial de sa flotte de robotaxis aux États-Unis.
Le Tesla Cybercab se présente comme une voiture électrique deux places avec un coffre. Peu de détails ont été communiqués. © Tesla
En revanche, aucun projet d'homologation ou de commercialisation n'est prévu en Europe, la réglementation actuelle interdisant la circulation de véhicules de série dénués de commandes mécaniques.
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