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Selon le consultant Jean Pinard, les Français sont moins partis en vacances en France cet été et ce recul ne sera pas compensé par la clientèle internationale.
Officiellement, le bilan touristique en France de l'été 2026
est bon
malgré un contexte compliqué. Serge Papin, le ministre du Tourisme, a évoqué récemment "une très belle année", après une saison estivale 2025 déjà solide. "On va faire au moins aussi bien, voire mieux", a-t-il affirmé, avant la publication des chiffres définitifs, attendus à la mi-septembre.
La saison "devrait s'achever autour de moins 5% en termes de départs du 1er mai au 31 octobre par rapport à l'an dernier. Est-ce que c'est catastrophique? Non, on aurait signé tout de suite si on nous avait dit ça au mois d'avril dernier", estime de son côté Patric Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), cité par l'AFP.
Mais pour Jean Pinard, consultant écouté dans le secteur, ce bilan est à contraster. Selon lui, il y a bien un décrochage venant des consommateurs français, une tendance de fond qui s'est amplifiée cette année. Interrogé par
l'Echo Touristique
, il explique que "le nombre de nuitées dans les hébergements touristiques baisse depuis trois ans. Je pense qu’il va chuter cette année".
"Les classes populaires décrochent"
Et d'expliquer: "après un recul de 3% en 2024, le nombre de nuitées françaises a diminué de 5% en 2025. Nous devrions être dans cette épure-là cette année. Trois années de baisse, c’est une tendance structurelle, qui passe sous les radars. Le bilan de l’été 2026 confirme un décrochage structurel de la clientèle française, pendant les grandes vacances. On est restés chez soi ou on est allés 3 à 4 jours chez des parents ou des amis."
"Les classes populaires décrochent. De nombreux Français sont obligés de partir quand leur entreprise ferme la première quinzaine d’août. Or c’est la période pendant laquelle les vacances sont les plus chères, beaucoup trop chères pour ceux qui n’ont justement pas le choix des dates de vacances. Rien que dans le département de l’Hérault, qui compte de nombreux campings, la baisse de 10% cet été correspond à 1,4 million de nuitées, quand la progression sur la Côte d’Opale représente 15.000 à 20.000 nuitées. Il y a bien sûr des gagnants en faible quantité dans le Nord. Mais aussi de grands perdants dans le Sud. Cela m’agace que le bilan soit parfois résumé à des considérations géographiques. Le phénomène de baisse dans l’Hérault n’est pas lié à la canicule, même si elle a eu des effets, mais à un problème de pouvoir d’achat", poursuit-il.
"Je pense que les deux tiers des départements français enregistreront une baisse de la clientèle française cet été, sur la période des vacances scolaires. Les Français sont moins partis en vacances cet été, au moins une semaine. Il faut s’atteler à ce problème plutôt que de faire de la contorsion sémantique afin de masquer des baisses de fréquentation. Langue de bois en août, gueule de bois en décembre…", détaille-t-il.
Pour autant, il faut aussi prendre en compte l'apport des visiteurs étrangers dans ce bilan. Mais pour le spécialiste, cet apport doit être relativisé. "En France, les deux-tiers de nuitées sont françaises, pour un tiers de nuitées étrangères.
En Espagne
, c’est quasiment l’inverse. La clientèle domestique compte beaucoup plus en France. Or nous nous intéressons surtout aux arrivées étrangères, ce qui me paraît surréaliste… Les deux-tiers des 222 milliards d’euros des recettes touristiques, soit 140 milliards – proviennent pourtant des Français en France".
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