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L'Association du transport aérien international, qui regroupe 378 compagnies, tenait sa conférence de presse de rentrée. Et les coups de griffe n'ont pas manqué.
Trop de réglementations contraignantes et inadaptées venues de l'Union européenne : l'organisation professionnelle des compagnies aériennes, l'Iata, a repris jeudi son offensive contre sa cible favorite, Bruxelles. C'est là justement que l'Association du transport aérien international, qui regroupe 378 compagnies, dont toutes les plus grandes du monde à l'exception de Ryanair ou EasyJet, tenait sa conférence de presse de rentrée. Et les coups de griffe n'ont pas manqué.
"En 2024, rien que pour les transporteurs européens, le coût pour se conformer à la réglementation a été de 9,9 milliards d'euros", a déclaré la directrice du bureau de représentation de l'Iata auprès de l'UE, Neva Sadikoglu-Novaky. Ce coût devrait passer à "33 milliards d'euros en 2050", selon les projections de l'Iata.
Cette Britannique, qui connaît parfaitement les coulisses des politiques de transports à Bruxelles, a pris son poste en juin. Dans un secteur globalement très masculin, elle est l'une des deux femmes qui plaideront pour que ces politiques européennes entravent le moins possible la compétitivité des compagnies.
Saadia Zahidi, Suisso-Pakistaine, doit prendre la tête de l'organisation le 1er novembre, au terme d'une longue carrière au sein du
Forum économique international
. Son carnet d'adresses et son sens de la diplomatie ont été déterminants dans ce recrutement. Elle devrait faire valoir un style différent de son prédécesseur, Willie Walsh, qui ne reculait jamais devant la confrontation.
Quand à la fin de la 82e assemblée générale de l'Iata, à Rio de Janeiro en juin, un journaliste interrogeait l'Irlandais sur d'éventuels regrets au terme de ses cinq ans en fonctions, il avait répondu que l'un d'entre eux était que l'organisation n'ait pas eu suffisamment d'influence à Bruxelles. Un regret d'autant plus fort que l'Iata a constaté ces dernières années à quel point, pour le pire et le meilleur, l'UE inspirait les régulateurs ailleurs dans le monde.
Marché du carbone
Jeudi, l'offensive s'est concentrée sur deux sujets : la mise en place, difficile dans certains aéroports, du
contrôle des passeports automatisé aux frontières
de l'UE (EES), et le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (ETS).
"Les retards dus à l'EES ont de fait abouti à des vols manqués par les gens, à leur débarquement d'un avion, et à des correspondances ratées, et l'accumulation d'encore plus de retards", a affirmé le vice-président de l'Iata, chargé des relations extérieures, Thomas Reynaert.
L'organisation a dramatisé la question, évoquant des temps d'attente "jusqu'à six heures" cet été. Quand une journaliste a demandé à Thomas Reynaert de citer des aéroports où avait eu lieu ce genre de catastrophe, il a répondu : "Nous ne faisons pas de classement des aéroports, et par ailleurs la situation est mouvante. Donc c'est très difficile à dire".
Sur les émissions de CO2, l'Iata ne supporte pas que l'Union européenne ait son propre
marché du carbone
, au lieu de se fondre dans celui de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), appelé Corsia, moins coûteux. "Corsia a été adopté par les 193 États membres de l'OACI, et il est maintenant mis en œuvre par 134 pays", a souligné l'économiste en chef de l'Iata, Marie Owens Thomsen.
Les 27 membres de l'UE en font partie mais se plient aussi au système intra-européen. Et "ce type de volatilité réglementaire est vraiment mauvaise pour l'investissement", a-t-elle déploré. L'Iata organise dans la capitale belge les 13 et 14 octobre une conférence sur les questions environnementales. Les débats porteront sur "les politiques et mesures nécessaires pour faire avancer la transition du transport aérien vers l'objectif de zéro émission nette de CO2 d'ici à 2050".
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