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Carrefour: Pourquoi l'action Carrefour grimpe aprĂšs l'annonce de la recomposition de son capital
jeudi 13 novembre 2025 Ă 15h16
(BFM Bourse) - Le groupe de distribution a annoncé mercredi soir l'arrivée à son capital de la famille Saadé concomitamment à la sortie de la famille Diniz, alliée de longue date du groupe. Le départ ordonné des Diniz semble satisfaire le marché, alors qu'en parallÚle les rumeurs de cessions de plusieurs pays vont bon train.
Carrefour en tĂȘte de gondole duCAC 40(ou presque). Le groupe de distribution signe l'une des plus fortes hausses de l'indice parisien ce jeudi 13 novembre, prenant 1,81% vers 15h40.
La progression de l'action survient aprÚs que la société présidée et dirigée par Alexandre Bomparda annoncé concomitamment deux importants mouvements à son capital.
La famille SaadĂ©, propriĂ©taire de l'armateur CMA GM (et lui-mĂȘme propriĂ©taire de BFM Business), a pris une participation de 4% dans le groupe de distribution. Plus prĂ©cisĂ©ment, le nouvel actionnaire est Carrix, une entitĂ© dĂ©tenue conjointement par la famille SaadĂ© et le groupe marseillais.
Dans le mĂȘme temps donc, Carrefour a annoncĂ© la sortie de son capital de Peninsula, la holding de la famille du milliardaire brĂ©silien Abilio Diniz, dĂ©cĂ©dĂ© mi-fĂ©vrier 2024.
La société brésilienne était arrivée au capital de Carrefour il y a une dizaine d'années, aprÚs avoir été le partenaire du rivalCasino.
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Sortie ordonnée
Peninsula était le deuxiÚme plus grand actionnaire de Carrefour avec une participation de 9,23% du capital à fin décembre et de 8,5% depuis une cession survenue en juin dernier, selon Oddo BHF.
"Cette opĂ©ration a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e et Peninsula nâanticipe pas dâimpact complĂ©mentaire sur le marchĂ©", a dĂ©clarĂ© Carrefour. Autrement dit, il n'y aura pas d'afflux de titres dĂ©tenus par Peninsula sur le marchĂ©.
Le premier actionnaire de référence du groupe de distribution demeure Galfa, filiale de Motier, la holding de la famille Moulin (qui possÚde le groupe Galeries Lafayette et La Redoute), avec 11,01% du capital à fin décembre 2024.
Un analyste estime que la sortie "ordonnée" de la famille Peninsula constitue un des éléments pouvant justifier la progression de l'action Carrefour, ce jeudi.
"Le marché s'attendait depuis plus d'un an à ce que la famille Diniz sorte du capital. Cela est désormais fait et donc sans ABB", explique-t-il.
Les "ABB" ("accelerated bookbuilding") sont des opérations réalisées par la construction accélérée d'un livre d'ordres, et permettent de vendre de gros blocs d'actions qui seraient autrement indigestes pour le marché en ayant recours aux banques.
Ce mode opératoire est souvent privilégié par les actionnaires minoritaires pour vendre rapidement d'importants volumes d'actions.
Des questions en suspens
Ces cessions se font toutefois aux prix d'importantes décotes par rapport à la valeur du titre sur le marché. Par exemple, la semaine derniÚre, le fonds singapourien Temasek a vendu pour 1,25 million d'actions de la société d'investissement française Tikehau Capital avec une décote de 12,46% par rapport au cours de Bourse du jour précédent,selon Bloomberg.L'action Tikehau a, le lendemain, plongé de 12,51%.
Le marché pouvait donc redouter que la famille Diniz ait recours à ce type d'opération pour solder sa participation. Ce qui n'a donc, a priori, pas été le cas.
Oddo BHF s'interroge toutefois sur les modalités exactes de la sortie de la famille brésilienne (qui n'ont pas été précisées par Carrefour).
Le courtier remarque que, dans le document d'enregistrement universel du grand distributeur, il était précisé que les actions Carrefour de Peninsula étaient "nanties au profit de banques dans le cadre de financements structurés". Sans autres précisions.
"Nous comprenons donc que les titres ont probablement été livrés à ces banques, et non placés dans le marché via un ABB", écrit Oddo BHF dans une note écrite ce jeudi.
"Potentiellement chaque banque pourrait donc avoir été livrée de moins de 5% du capital, et donc ne pas avoir à déclarer leur position (seuil de déclaration à 5% en France)", explique encore le courtier.
Oddo BHF conclut que la grande question reste désormais "de connaßtre l'intention des banques sur leur participation résiduelle dans Carrefour" et se demande si cette question ne constituera pas un "overhang potentiel", c'est-à -dire une possible menace qui freinerait l'action Carrefour.
Contactée par BFM Bourse, Peninsula n'avait pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaires.
L'analyste anonyme citĂ© au dĂ©but de cet article estime aussi que l'action Carrefour peut ĂȘtre portĂ©e par plusieurs informations de presse au sujet de potentielles cessions de Carrefour, sur ses activitĂ©s en Roumanie, en Pologne et surtout en Argentine.
Le média argentin Por Canal 26 a encore évoqué mercredi la vente de Carrefour Argentine, ajoutant que la concurrence pour acquérir les actifs en question était "féroce".
Interrogé par BFM Bourse, le groupe Carrefour a rappelé qu'il ne commentait pas les rumeurs.
"Si nous comprenons que Carrefour vise une simplification de son 'equity story' (l'histoire qu'une entreprise raconte au marchĂ© pour le sĂ©duire, NDLR) en cĂ©dant des pays, et pourrait potentiellement relancer un programme de rachat dâactions, la situation en France reste challenging (difficile, NDLR) et les derniĂšres tendances au BrĂ©sil ne sont pas encourageantes (ces deux pays reprĂ©sentant environ 80% du rĂ©sultat opĂ©rationnel du groupeâŠ)", juge sur ce dernier point Oddo BHF.
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