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Vivendi: La vedette de Wall Street Bill Ackman veut racheter Universal Music qu'il valorise 56 milliards d'euros... Mais la Bourse n'y croit pas
mardi 7 avril 2026 Ă 12h00
(BFM Bourse) - Pershing Square, le fonds de ce célÚbre investisseur, a annoncé ce lundi avoir lancé une opération pour racheter la célÚbre maison de disques selon des termes assez obscurs, qui valoriseraient l'entreprise avec une prime de prÚs de 80%. Mais le marché n'est franchement pas convaincu de ces calculs peu évidents.
Visiblement agacé par le fait qu'Universal Music Group repousse aux calendes grecques sa cotation à New York, Bill Ackman prend les devants.
Pour rappel, Bill Ackman est l'un des gĂ©rants stars de Wall Street, avec une fortune estimĂ©e Ă environ 9 milliards de dollarsselon Forbes. L'homme d'affaires compte, par ailleurs, 2 millions d'abonnĂ©s sur X. Longtemps partisan du camp dĂ©mocrate, Ackman sâĂ©tait engagĂ© en faveur de Donald Trump en 2024, malgrĂ© âles dĂ©fauts et les erreursâ du prĂ©sident amĂ©ricain.
Ackman reste, surtout, le directeur du fonds Pershing Square, un actionnaire de longue date d'Universal Music Group (UMG), maison de disques qui compte dans ses rangs des artistes comme Taylor Swift, Bob Dylan, Sting ou encore The Weeknd.
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Une opération un poil complexe
Pershing Square Ă©tait entrĂ© au capital de la sociĂ©tĂ© d'Ă©dition musicale Ă l'Ă©tĂ© 2021, juste avant lâintroduction en Bourse dâAmsterdam dâUMG parVivendi. Selon le dernier dĂ©compte publiĂ© par l'entreprise, la sociĂ©tĂ© d'investissement dĂ©tenait 4,74% du capital de la maison de disques.
Bill Ackman plaide depuis longtemps pour qu'UMG ait une double cotation à Wall Street. La maison de disques comptait rejoindre soit le Nasdaq soit le New York Stock Exchange. Mais, début mars, UMG a mis en pause ce projet.
"Compte tenu de l'incertitude qui rĂšgne sur les marchĂ©s et qui entraĂźne une dĂ©cote significative de la valorisation d'UMG, le conseil d'administration de la sociĂ©tĂ© a dĂ©cidĂ© que le moment n'Ă©tait pas opportun pour procĂ©der Ă une cotation aux Ătats-Unis", avait dĂ©clarĂ© l'entreprise dans un communiquĂ©.
Qu'à cela ne tienne. Bill Ackman et Pershing Square ont annoncé ce mardi 7 avril avoir soumis une offre de rachat sur UMG dont la finalité semble surtout de transférer la maison de disques de la Bourse d'Amsterdam à celle de New York.
L'opération s'avÚre relativement complexe. ConcrÚtement, Ackman propose de fusionner UMG avec Pershing Square SPARC, un SPAC ("special purpose acquisition company"), c'est-à -dire une coquille vide cotée dont le seul but est de racheter une entreprise. Les SPACs constituent souvent un moyen alternatif à une introduction en Bourse "classique", permettant de contourner certaines obligations légales.
La nouvelle société crée via cette fusion serait immatriculée au Nevada et cotée à New York.
Les actionnaires actuels d'UMG recevrait un total de 9,4 milliards d'euros de cash (soit environ 5,05 euros par titre) ainsi que 0,77 action du nouvel ensemble pour une action UMG détenue.
Selon Pershing Square, ces termes valoriseraient l'action UMG à 30,40 euros par action, traduisant une prime de 78% par rapport au dernier cours de Bourse. Si l'on en croit les calculs du fonds, la maison de disque serait valorisée à 56 milliards d'euros hors dette.
Des inconnues
Au passage, Bill Ackman liste les Ă©lĂ©ments qui ont pesĂ© sur le titre. S'il loue la qualitĂ© de la direction d'UMG, il estime que le report sine die de l'introduction en Bourse Ă New York a handicapĂ© la performance de l'action, de mĂȘme que les incertitudes autour de la participation de 18% de Groupe BollorĂ©.
L'investisseur cite également l'absence de politique d'allocation du capital claire, le manque de considération du marché pour la participation de 2,7 milliards d'euros d'UMG dans Spotifiy ou encore une communication financiÚre "sous-optimale".
à la suite de ces annonces, l'action UMG prend 11,3% à la Bourse d'Amsterdam pour se caler autour de 19 euros. Ce qui reste trÚs loin de la prime de 78% et des 30,40 évoqués par Pershing Square. Autrement dit, le marché n'y croit pas vraiment.
"Ce que les investisseurs comprennent c'est que Pershing Square propose 5,05 euros par action en cash. Mais, pour la valorisation à partir des nouveaux titres cotés, on se demande comment ils arrivent à ce chiffre de 30,4 euros par titre. Pourquoi, d'un coup de baguette magique, une cotation à New York permettrait d'arriver à une telle prime ? Donc logiquement le marché est assez dubitatif", explique un analyste.
"D'autant que l'on ne connaĂźt pas les intentions du groupe BollorĂ©, s'ils soutiennent l'opĂ©ration, il y a encore beaucoup d'inconnues Ă ce stade", ajoute ce mĂȘme analyste. "Cela reste toutefois un bon signal sur la valorisation d'UMG", a-t-il conclu.
"à moins que Bolloré ne soutienne cette initiative, la proposition semble vouée à l'échec d'emblée", a déclaré Nicolas Marmurek, analyste chez Square Global, société spécialisée dans les fusions-acquisitions,dans une note citée par Bloomberg.
"Nous doutons que BollorĂ© accepte de telles conditions, et s'il avait Ă©tĂ© d'accord, il aurait recommandĂ© l'opĂ©ration. Il s'agit clairement d'une manĆuvre de Pershing Square visant Ă soumettre la proposition aux actionnaires", a-t-il ajoutĂ©.
à la Bourse de Paris, les actionsVivendiet Bolloré prennent de leur cÎté respectivement 11,5% et 6,2%, reflétant l'appréciation du cours de Bourse d'UMG.Vivendidétient 13,4% d'UMG et Groupe Bolloré 18,5%.
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