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Accor: Accusé par un vendeur à découvert de défaillances pour prévenir de la collaboration de trafic d'êtres humains, Accor chute de 7% en Bourse
jeudi 19 mars 2026 à 15319
(BFM Bourse) - Grizzly Research, un vendeur à découvert, a produit un rapport de recherche dans lequel il explique avoir pris contact avec des hôtels de la société avec des requêtes liés explicitement ou implicitement à de la traite d'être humains. La société a lancé une enquête interne et a démenti fermement "toute implication dans l’exploitation systémique supposée liée à la traite d’êtres humains ou d’enfants".
Accor souffre à la Bourse de Paris ce jeudi 19 mars. L'action de l'exploitant hôtelier accuse la deuxième plus forte baisse duCAC 40, perdant 7% vers 15h30. L'action a perdu 10,3% au plus bas de la séance.
La crainte d'une escalade du conflit au Moyen-Orient peut peser sur le titre. Le propriétaire d'Ibis et Sofitel est tout simplement le grand groupe hôtelierle plus exposé au Moyen Orient, la région représentant environ 10% de ses revenus contre 6% pour le britannique IHG, selon Barclays.
Une autre actualité plombe l'action. Un vendeur à découvert, Grizzly Research, a publié un rapport portant de lourdes accusations sur la société, qui aurait fait preuve de négligences sur des faits s'apparentant à de la collaboration de trafic d'êtres humains.
Accor a réagi dans l'après-midi via un communiqué de presse. "Le groupe dément fermement toute implication dans l’exploitation systémique supposée liée à la traite d’êtres humains ou d’enfants", a assuré l'entreprise.
"À ce stade, et à la suite de la publication de ce rapport, le groupe mène une enquête interne approfondie et a mandaté un cabinet externe afin de vérifier les faits cités. Les conclusions de ces vérifications seront rendues publiques", poursuit l'exploitant hôtelier.
"Si certaines de ces allégations devaient être confirmées, le groupe prendrait toutes les mesures appropriées et se réserve le droit d’engager des poursuites contre toute partie impliquée dans de telles pratiques", ajoute encoreAccor.
La publication du communiqué de l'entreprise a permis à la société d'effacer une partie de ses pertes.
Pour rappel, un vendeur à découvert vend une action en l'empruntant auprès d'un autre investisseur. Le vendeur entend ainsi dégager un profit en rachetant l'action à un prix très bas avant de le restituer à son propriétaire.
Ces vendeurs à découvert – parmi lesquels Muddy Waters, Shadowfall ou Gotham City Research – publient des rapports dans lesquels ils épinglent la gestion des sociétés qu'ils attaquent. Ce pour convaincre le maché d'adhérer à leur position. Certains accusant parfois de fraudes les sociétés en question.
Certains de ces rapports ont permis de mettre à jour de véritables fraudes, notamment chez Wirecard ou la start-up espagnole Gowex. D'autres se sont au contraire heurtés à de solides contre-argumentaires de la part des entreprises attaquées (le cas par exemple de Vusion en 2023 et 2024).
Dans le cas de Grizzly Research, les accusations portées à l'encontre d'Accorsont graves.
Le vendeur a découvert affirme avoir contacté des hôtels opérants sous des marques du groupe en Russie, au Kazakhstan, ou en Ouzbékistan. La société a explicitement demandé des services permettant de transférer des orphelins ukrainiens dans l'optique de les faire adopter par des familles russes.
Dans le cadre du conflit l'opposant à l'Ukraine, la Russie a mené une importante série d'enlèvements d'enfants ukrainiens pour les soumettre à une propagande. Pour ces raisons, le président russe Vladimir Poutine fait l'objet d'une inculpation pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale.
Selon les affirmations de Grizzly Research, les 18 hôtels sous bannièreAccoren Russie contactés par la société ont accepté d'accueillir les orphelins, de même que trois hôtels au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Ces établissements auraient assuré qu'ils tiendraient des informations sensibles à l'écart de l'ambassade d'Ukraine et le siège français d'Accor.
Grizzly Research affirme également avoir contacté des hôtels opérant sous les marques de la société dans 25 pays afin de réserver des chambres avec des jeunes filles mineures accompagnées d'hommes ne faisant pas partie de leurs familles.
La société d'investissement explique s'être débrouillé pour "sous-entendre fortement l'exploitation et les abus sexuels sur enfants", écrit Grizzly Research.
"Nos demandes ont été conçues pour déclencher autant de signaux d'alerte de la traite des êtres humains que possible, en combinant des mineurs, une zone de guerre active, une agence de mannequins non nommée, et un séjour de plus d'un mois sans parents ni autres tuteurs légaux", ajoute Grizzly Research.
Dans le cas de réponses positives, la société affirme avoir demandé, en plus, la fourniture de préservatifs ou de lubrifiant.
Sur les quelque 50 hôtels sous bannièreAccorque Grizzly Research auraient contactés, 80% auraient coopéré.
Face à ces accusations, "le marché intègre un risque réputationnel" pour la société et donc le titre baisse, explique un intermédiaire financier.
"La question est de savoir si ces faits rapportés sont 'fake' (faux, NDLR) ou non. Pour cela,Accordoit démontrer que non, en "screenant" les mails des hôtels. Soit il est avéré que oui cela est bien faux. Soit non, et dans ce cas cela signifie qu'il y a réellement des défaillances dans les procédures de suivi des hôtels de la société. Et il faudra un responsable. Quand bien même cela ne concerne qu'un faible nombre d'hôtels à l'échelle de la société", développe cet intermédiaire financier.
Accor n'opère pas directement ses hôtels qui sont gérés (à 98%) par des propriétaires en contrat de franchise ou "de management" (avec davantage de services ainsi que de redevances que dans un contrat de franchise).
Mais "le franchiseur doit mettre en place des garde-fous et assuré le suivi de ses franchisés", rappelle l'intermédiaire financier pré-cité.
À noter que le rapport de Grizzly Research mentionne également "des liens" entre le PDG d'Accor, Sébastien Bazin,et le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
"Concernant les liens allégués avec Jeffrey Epstein, le groupe souhaite également apporter la précision suivante : Sébastien Bazin a rencontré Jeffrey Epstein une seule fois, il y a plus de vingt ans, dans un contexte professionnel, lors d’une réunion rassemblant plusieurs investisseurs", explique sur ce pointAccor.
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