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Ce "Trump put" que les investisseurs attendent (Ă  tort?) pour que le conflit en Iran cesse et que les Bourses remontent

📅 14/03/2026 à 00:00 🔗 www.tradingsat.com
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MarchĂ©: Ce "Trump put" que les investisseurs attendent (Ă  tort?) pour que le conflit en Iran cesse et que les Bourses remontent vendredi 13 mars 2026 Ă  111155 (BFM Bourse) - Les indices amĂ©ricains et dans une moindre mesure europĂ©ens rĂ©sistent relativement bien au choc créé par le conflit au Moyen-Orient. Les investisseurs misent sur une rĂ©solution rapide de cette guerre, persuadĂ©s que Donald Trump mettra assez vite fin aux hostilitĂ©s. Mais entre rĂ©siliences et complaisance, la frontiĂšre s'avĂšre tĂ©nue. L'Ă©clatement du conflit en Iran a provoquĂ© une onde de choc pour les investisseurs. La guerre menĂ©e par les États-Unis et lsraĂ«l contre le pays du Golfe persique, et les ripostes de TĂ©hĂ©ran dans la rĂ©gion ont dĂ©clenchĂ© une envolĂ©e des cours de l'or noir. Cette semaine, le baril deBrenta tutoyĂ© les 120 dollars avant de refluer et de retomber autour des 100 dollars. Avant le dĂ©but de l'offensive amĂ©ricano-israĂ©lienne, le prix du baril ne dĂ©passait pas 73 dollars. >>AccĂ©dez Ă  nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading Le trafic dans le dĂ©troit d'Ormuz, par lequel transite l'Ă©quivalent de 20% de la consommation mondiale quotidienne de pĂ©trole et de gaz est actuellement Ă  l'arrĂȘt. Plusieurs pays de la rĂ©gion (Irak, KoweĂŻt, Qatar) ont Ă©tĂ© contraints de rĂ©duire leur production d'hydrocarbures. Le marchĂ© commence Ă  craindre un scĂ©nario de "stagflation", dans lequel les Ă©conomies dĂ©veloppĂ©es feraient face Ă  une inflation galopante couplĂ©e Ă  un ralentissement de la croissance. Or, "face Ă  un choc stagflationniste il y a en gĂ©nĂ©ral peu de protection",prĂ©venait, la semaine derniĂšre, Vincent Juvyns, responsable de l'investissement chez ING Belgium. Pourtant, les actions ne dĂ©crochent pas tant que cela. La baisse observĂ©e sur les diffĂ©rentes places s'avĂšre relativement mesurĂ©e. Mercredi, Barclays remarquait que les marchĂ©s actions n'Ă©taient pas "trop prĂ©occupĂ©s" par les risques de stagflation et Ă©valuaient la probabilitĂ© d'un choc pĂ©trolier Ă  seulement 25%, taux qui n'est montĂ© Ă  son pic qu'Ă  28%. Deutsche Bank pour sa part notait que les investisseurs ne croyaient pas Ă  un conflit long. Preuve en est: la structure des contrats Ă  terme sur les cours du pĂ©trole. Si le contrat Ă  l'Ă©chĂ©ance la plus immĂ©diate (celle de mai) sur leBrents'Ă©change autour de 100 dollars, celui Ă  un an (mars 2027) tombe Ă  77,67 dollars le baril. Dans une note publiĂ©e cette fois ce vendredi, Barclays remarque que les marchĂ©s actions mondiaux n'affichent un retrait que de 4% par rapport Ă  leurs plus rĂ©cents sommets. "Nos rĂ©centes conversations avec nos clients reflĂštent cette tendance, la plupart des investisseurs adoptant une attitude attentiste avec quelques achats de couverture Ă  la baisse plutĂŽt que de capituler", Ă©crit la banque. Barclays en dĂ©duit ainsi que la confiance du marchĂ© reste rĂ©siliente. La banque britannique Ă©crit que les investisseurs attendent le "Trump put". Cette expression renvoie au "put", un produit dĂ©rivĂ© permettant de couvrir les risques sur une position acheteuse. L'idĂ©e est que si les marchĂ©s actions souffrent trop, le prĂ©sident amĂ©ricain - connu pour commenter bruyamment les Ă©volutions de Wall Street - fera le nĂ©cessaire pour calmer le jeu. Il s'agit en quelque sorte du pendant boursier du fameux "TACO" ("Trump always chickens out" ou "Trump finit toujours par se dĂ©gonfler"). Cet acronyme renvoie au fait que Donald Trump, derriĂšre les menaces et les invectives, consent in fine Ă  une solution nĂ©gociĂ©e, sous la pression des marchĂ©s. Le "Trump put" est par ailleurs dĂ©rivĂ© d'autres expressions de ce type qui s'appliquaient plutĂŽt aux banques centrales et aux banquiers centraux, comme le "Powell Put" (rĂ©fĂ©rence Ă  Jerome Powell, le prĂ©sident de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine), le "Fed Put" ou le "Draghi Put" (du nom de Mario Draghi, le prĂ©sident de la Banque centrale europĂ©enne qui comprenait trĂšs bien les marchĂ©s financiers). Ce "Trump put" constitue l'un des deux facteurs de rĂ©silience des marchĂ©s actions amĂ©ricains. Alexandre Baradez, chef de l'analyse de marchĂ© chez IG Markets, remarque que le S&P 500 ne recule que de 4,7% par rapport Ă  son dernier plus haut. En comparaison, la chute est de 8% pour leCAC 40et de 8% Ă©galement pour le DAX 40. Wall Street rĂ©siste mieux que l'Europe car cette derniĂšre est davantage exposĂ©e Ă  un choc pĂ©trolier en raison de sa forte dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique. A contrario, les États-Unis demeurent le premier pays producteur d'or noir au monde (22 millions de barils par jour) et sont davantage Ă  mĂȘme de rĂ©sister aux rĂ©percussions de l'envolĂ©e des cours du baril. Le pays est devenu exportateur net de pĂ©trole en 2020. L'autre appui des marchĂ©s amĂ©ricains demeure l'espoir que Donald Trump ne veut pas d'une guerre longue. "Le marchĂ© est persuadĂ© qu'il y aura ce fameux 'Trump put', qu'il va arrondir les angles", explique Alexandre Baradez. Le prĂ©sident amĂ©ricaina semblĂ© aller dans ce sens en dĂ©but de semainelorsqu'il a dĂ©clarĂ© que la guerre Ă©tait pratiquement terminĂ©e et que les États-Unis avaient pris de l'avance sur leurs objectifs. Ces propos de Donald Trump ont permis une dĂ©tente assez temporaire des prix du pĂ©trole et un rebond des marchĂ©s actions. Mais cette baisse de ton n'a pas durĂ©. Jeudi, le pensionnaire de la Maison Blanchea envoyĂ© un signal diffĂ©rent.Donald Trump a dĂ©clarĂ© que la hausse des cours du baril permettait aux États-Unis de "gagner beaucoup d'argent" et que la prioritĂ© Ă©tait surtout de "stopper un empire du mal, l'Iran, d'avoir l'arme nuclĂ©aire". "Cela laisse entendre que Donald Trump est prĂȘt Ă  ce que la guerre se poursuive", explique Alexandre Baradez. Attendre le "TACO" de Donald Trump, semble, plus largement, de plus en plus risquĂ© comme pari. "Si la fermeture du dĂ©troit d'Ormuz venait Ă  se prolonger et que le prix du pĂ©trole dĂ©passait durablement les 100 dollars le baril, la confiance des marchĂ©s dans un 'Trump put' pourrait ĂȘtre de plus en plus mise Ă  mal", Ă©crit Barclays. Pour Stephen Innes, de Spi AM, la thĂšse du TACO "repose en grande partie sur la coopĂ©ration de l’autre partie". Mais "l’Iran n’a guĂšre intĂ©rĂȘt Ă  faire le genre de concession symbolique qui permettrait Ă  Washington de crier victoire", prĂ©vient-il. Alexandre Baradez considĂšre que le marchĂ© peut quelque peu se voiler la face. "La frontiĂšre entre rĂ©silience et complaisance du marchĂ© amĂ©ricain est Ă©troite et cette conviction dans le Trump put pas forcĂ©ment solide", objecte-t-il. "Quand on voit l'infrastructure logistique militaire des États-Unis dĂ©ployĂ©e et les consĂ©quences du blocage du dĂ©troit d'Ormuz", la baisse du S&P 500 apparaĂźt "trĂšs faible au vu des enjeux". "Certes, je pense que ce 'Trump put' peut intervenir mais je ne sais pas quand", ajoute-t-il. Selon l'expert de marchĂ© , il ne serait pas impossible que Wall Street se rapproche d'une baisse de 10 ou 15% par rapport Ă  ses derniers records touchĂ©s. Les indices europĂ©ens ont eux davantage souffert et intĂšgrent plus de risque. Notamment parce que plusieurs membres de la Banque centrale europĂ©enne sont intervenus pour assurer que les erreurs de 2022 et 2023 ne seraient pas rĂ©pĂ©tĂ©s et que donc ils Ă©taient vigilants et prĂȘts Ă  intervenir pour maĂźtriser l'inflation. Ce alors que la hausse des prix gĂ©nĂ©ralisĂ©e ne s'est pas encore concrĂ©tisĂ©e et reste limitĂ©e aux considĂ©rations Ă©nergĂ©tiques. Alexandre Baradez n'exclut pas que la banque centrale a commis une "erreur de communication". L'expert pense que les marchĂ©s actions europĂ©ens peuvent encore baisser davantage pour perdre jusqu'Ă  20% par rapport Ă  leur sommet. Ce tout simplement parce que les places europĂ©ennes seraient influencĂ©es par un potentiel dĂ©crochage de Wall Street. "Pour moi cela constituerait alors une opportunitĂ© d'achat" sur les indices europĂ©ens, explique-t-il.