📄 Contenu
Accor: Totalenergies et Thales grimpent, Air France-KLM et Accor plongent… Voici les groupes qui réagissent le plus en Bourse à l'embrasement du conflit au Moyen-Orient
lundi 2 mars 2026 à 12h11
(BFM Bourse) - Les attaques américaines et israéliennes contre l'Iran qui ont débuté ce week-end provoquent une envolée des prix du baril, ce qui porte logiquement les groupes pétroliers mais plombe les compagnies aériennes.Accorde son côté plonge en raison de son exposition forte au Moyen-Orient.
Sacré coup de tabac sur leCAC 40ce lundi 2 mars. L'indice parisien abandonne 1,6% en fin de matinée, alors quele marché tente de décortiquer les différentes répercussions du conflit de l'attaque américano-israéliennecontre l'Iran et ses ramifications.
Pour l'heure, 34 actions de l'indice parisien sur 40 sont dans le rouge, l'appétit pour le risque étant plombé par les incertitudes causées par l'embrasement de la situation au Moyen-Orient.
"À l'inverse de 2003 (avec l'opération en Irak, NDLR), l'absence de coalition au sol et de blocage du détroit d'Ormuz limite, pour l'heure, le risque systémique. Le marché surveillera une éventuelle bifurcation vers un conflit réel, mais l'objectif semble être un choc psychologique plutôt qu'une occupation physique coûteuse", écrit Antoine Andreani de XTB France.
Toutefois certains secteurs sont davantage influencés par ce conflit que d'autres en Bourse. Tour d'horizon.
>>Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
Le conflit au Moyen-Orient s'accompagne de l'envolée des prix de l'or noir sur le marché, les investisseurs redoutant d'importantes perturbations sur l'offre de pétrole. Le contrat de mai sur leBrentde mer du Nord avance de 9,3% à 79,25 dollars le baril.
Le trafic de tankers dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite quotidiennement l'équivalent de 20% de la consommation mondiale de pétrole, est grosso modo à l'arrêt. L'Iran a attaqué trois navires durant le week-end.
La hausse du pétrole pourrait n'être qu'à ses débuts. "Dans l'état actuel des choses, nous pensons que leBrentpourrait atteindre 100 dollars le baril, alors que le marché est confronté à la menace d'une éventuelle perturbation de l'approvisionnement dans un contexte d'escalade de la situation sécuritaire au Moyen-Orient", écrit Barclays.
Cet environnement de marché est évidemment favorable aux majors pétrolières dont les activités amont (exploration, production) sont dépendantes des cours de l'or noir. Pour donner un exemple, le "point mort" avant versement de dividendes deTotalenergies, c'est-à-dire le seuil à partir duquel la société gagne de l'argent, se situe à 25 dollars le baril deBrent.
Outre le pétrole, le gaz monte, le contrat à terme d'avril en Europe sur le Dutch TTF prenant 24%. Le Qatar, un des pays bombardés par l'Iran en réponse à l'offensive américaino-israélienne.
Totalenergies prend 4% à la Bourse de Paris, après avoir ouvert en hausse de près de 6%. À Londres BP et Shell gagnent respectivement 2,5% et 3,5%.
"Il est pratiquement impossible de se prononcer sur les répercussions de la situation actuelle au Moyen-Orient sur les marchés physiques du pétrole et du gaz dans les jours à venir, il s'agit d'un terrain inconnu où, franchement, trop de variables à enjeux élevés entrent en jeu", écrit Citi.
"Mais, quelle que soit l'issue, nous pensons que les investisseurs peuvent être confiants dans le fait que les actions du secteur pétrolier bénéficient toujours d'un solide soutien en termes de valorisation", conclut la banque.
En Bourse, le compartiment de la défense est souvent influencé par les tensions géopolitiques. L'embrasement du conflit au Moyen-Orient souligne un peu plus l'importance du réarmement militaire engagé par l'Europe depuis un peu plus d'un an.
"Selon nous, l'escalade des tensions dans la région devrait continuer à soutenir les actions européennes du secteur de la défense, dans un contexte de tensions géopolitiques toujours plus vives", confirme Chloé Lemarie, analyste chez Jefferies.
Citi estime, de son côté, que le conflit en Iran devait davantage mettre la lumière sur les groupes de missiles impliqués dans les systèmes de missiles. La banque cite à titre d'exemple,Thaleset MBDA (Airbus, Leonardo, BAE Systems) impliqués dans le SAMP/T (système sol-air moyenne portée/terrestre).
À la Bourse de Paris,Thalesprend 4,5%,Dassault Aviationgagne 2,4%. À Londres, BAE Systems, le groupe européen le plus exposé aux dépenses militaires américaines prend 6%.
"Nous prévoyons une pression à la hausse sur les dépenses de défense américaines. Avec 50% de son chiffre d'affaires réalisé aux États-Unis, BAE Systems est l'entreprise européenne du secteur de la défense la plus exposée", écrit Citi.
À Milan, Leonardo grimpe de son côté de 3,5% tandis qu'à Francfort, Rheinmetall prend 3%.
Le secteur le plus facilement identifiable comme grand perdant de la situation au Moyen Orient reste les compagnies aériennes.
Pour ces groupes, l'envolée des cours du pétrole est synonyme de hausse de la facture carburant, quand bien même ces sociétés utilisent des instruments de couverture pour se prémunir en partie des variations du pétrole.
Selon les résultats annuels d'Air France-KLM, cette facture a représenté en 2025 un montant total de 6,9 milliards d'euros pour le groupe de transport aérien franco-néerlandais. Dans son dernier document d'enregistrement universel, le groupe chiffrait qu'une hausse moyenne de 10 dollars du prix du baril deBrentconduirait à un alourdissement de cette facture de 487 millions de dollars (après couverture) et une baisse de même ampleur à une économie de 432 millions de dollars.
L'entreprise indique par ailleurs que 70% de sa consommation de carburant était couverte sur le trimestre actuel puis sur le suivant. Le taux tombe à 60% et 50% pour les deux suivants.
À la Bourse de Paris,Air France-KLMchute de 7,6%. À Francfort, Lufthansa perd 6% tandis qu'à Londres, IAG (Iberia, British Airways) cède 5%.
Au-delà des impacts sur liés à la facture carburant, "il est probable que les vols dans la région (au Moyen-Orient) soient perturbés", écrit Citi.
Ce qui représente normalement un atout dans la main d'Accorse "retourne contre lui" ce lundi. Certes, l'ensemble du secteur hôtelier recule en Bourse ce lundi, car le marché s'inquiète des répercussions sur la demande de voyages du regain de tensions géopolitiques. Le britannique IHG Perd 4% et Marriott abandonne 1,2% en préouverture à Wall Street.
MaisAccorchute davantage, perdant 9,6% et accusant la plus forte baisse duCAC 40. Le propriétaire d'Ibis et Sofitel est tout simplement le grand groupe hôtelier le plus exposé au Moyen Orient et de loin.
"Accorest le groupe le plus exposé à la région (environ 10% de son chiffre d'affaires) suivi par IHG (environ 6%). Nous voyons un risque de baisse pour ces deux titres, qui se négocient à une prime par rapport aux multiples de milieu de cycle", écrit Barclays.
"Le risque ici est que les États du Golfe, et en particulier les Émirats arabes unis, ne soient plus considérés comme des destinations touristiques sûres, ce qui entraînerait une dégradation de la notation des groupes hôteliers fortement exposés au Moyen-Orient", poursuit l'établissement britannique.
Selon Barclays, l'hôtel Fairmont de Dubaï a subi un incendie et les aéroports d'Abou Dhabi et de Dubaï connaissent des perturbations.
L'exposition d'Accorau Moyen-Orient a constitué un facteur d'attrait pour son action. En décembre, Deutsche Bankcitait ce point comme l'une des raisons justifiant son optimisme sur le titre pour 2026.
"Nous considérons qu'Accoroffre une bonne exposition à la solide tendance opérationnelle du Moyen-Orient / ASPAC (Asie-Pacifique-Sud, NDLR)", écrivait alors la banque allemande.
Recevez toutes les infos sur ACCOR en temps
réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application
BFM Bourse
Par email