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Le groupe français Capgemini a dĂ©cidĂ© de se sĂ©parer de sa filiale travaillant pour la police amĂ©ricaine de lâimmigration, lâICE, aprĂšs la rĂ©vĂ©lation de contrats portant sur des outils dâidentification et de localisation de personnes Ă©trangĂšres.
Le géant français des services numériques,
Capgemini
, a annoncĂ©, dimanche 1er fĂ©vrier, la mise en vente de sa filiale travaillant pour la police fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine de lâimmigration, lâICE. Cette dĂ©cision intervient aprĂšs la rĂ©vĂ©lation dâun contrat sensible portant sur la fourniture dâun outil dâidentification et de localisation de personnes Ă©trangĂšres.
"Capgemini va mettre en vente sa filiale Capgemini Government Solutions", a indiquĂ© le groupe dans un communiquĂ©. Lâentreprise prĂ©cise que "le processus de cession de cette entitĂ©, qui reprĂ©sente 0,4 % du chiffre dâaffaires estimĂ© du groupe en 2025 (moins de 2 % de son chiffre dâaffaires aux Etats-Unis), sera initiĂ© immĂ©diatement".
Capgemini et lâICE, un contrat au cĆur de la controverse
Selon des informations de lâObservatoire des multinationales, rĂ©vĂ©lĂ©es la semaine derniĂšre et dĂ©veloppĂ©es par France 2, Capgemini a fourni Ă lâICE un outil permettant lâidentification et la localisation de personnes Ă©trangĂšres. Cette police fĂ©dĂ©rale est actuellement mobilisĂ©e par le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump dans une vaste campagne anti-immigration.
Un conseil dâadministration extraordinaire avait Ă©tĂ© convoquĂ© durant le week-end. Dans un message interne adressĂ© aux salariĂ©s, le groupe avait indiquĂ© que le contrat concernĂ©, attribuĂ© en dĂ©cembre, "faisait lâobjet dâun recours".
Dimanche, Capgemini a expliquĂ© avoir "estimĂ© que les contraintes lĂ©gales habituelles imposĂ©es aux Etats-Unis pour contracter avec des entitĂ©s fĂ©dĂ©rales menant des activitĂ©s classifiĂ©es ne permettaient pas au groupe dâexercer un contrĂŽle appropriĂ© sur certains aspects des opĂ©rations de cette filiale, afin dâassurer un alignement avec les objectifs du groupe".
Un contrat de plusieurs millions de dollars et des critiques en cascade
DâaprĂšs des documents publics de lâadministration amĂ©ricaine, le contrat signĂ© le 18 dĂ©cembre porte sur un montant initial de 4,8 millions de dollars. En fonction des rĂ©sultats obtenus par lâentreprise, ce montant pouvait atteindre jusquâĂ 365 millions de dollars.
LâObservatoire des multinationales a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© que Capgemini Government Solutions fournissait dĂ©jĂ des services de "skip tracing", câest-Ă -dire dâidentification et de localisation de personnes Ă©trangĂšres, Ă lâICE depuis un avenant signĂ© le 9 octobre 2025. Le montant de cette prestation sâĂ©lĂšve Ă 7 millions de dollars, selon les donnĂ©es publiĂ©es sur le site officiel du gouvernement amĂ©ricain consacrĂ© aux contrats.
Le directeur gĂ©nĂ©ral de Capgemini, Aiman Ezzat, sâĂ©tait exprimĂ© le 25 janvier sur LinkedIn. Il expliquait avoir dĂ©couvert "par des sources publiques" lâexistence de ce contrat conclu par une filiale du groupe spĂ©cialisĂ©e depuis quinze ans dans les services au gouvernement fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain. Selon lui, cette entitĂ©, soumise Ă la lĂ©gislation amĂ©ricaine, "prend les dĂ©cisions de maniĂšre autonome, dispose de rĂ©seaux Ă©tanches, et (âŠ) le groupe Capgemini est dans lâimpossibilitĂ© dâaccĂ©der Ă toute information classifiĂ©e, Ă des contrats classifiĂ©s".
PrĂ©sent dans une cinquantaine de pays et cotĂ© au CAC 40, Capgemini Ă©volue dans un contexte de fortes tensions autour du rĂŽle des entreprises technologiques dans les politiques migratoires amĂ©ricaines. LâICE dispose de moyens financiers importants et investit des dizaines de millions de dollars dans des Ă©quipements de surveillance et de sĂ©curitĂ©, dans un climat de contestation toujours vif aux Etats-Unis.
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