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Groupe Danone : Les rappels de laits infantiles refont plonger de 4% l'action Groupe Danone mais les analystes relativisent

📅 27/01/2026 à 00:00 🔗 www.tradingsat.com
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Danone: Les rappels de laits infantiles refont plonger de 4% l'action Danone mais les analystes relativisent lundi 26 janvier 2026 Ă  12h52 (BFM Bourse) - L'action du groupe agroalimentaire chute encore ce lundi 26 janvier, aprĂšs que le groupe a annoncĂ© vendredi soir un rappel ciblĂ© de certains lots infantiles Ă  la suite de changements de recommandations de certains pays. Plusieurs analystes estiment toutefois que le risque est bien plus faible que chez NestlĂ©. Danone est Ă  la peine Ă  la Bourse de Paris, ce lundi 26 janvier. Le groupe d'agroalimentaire abandonne 3,8% Ă  la mi-journĂ©e, accusant la plus forte baisse duCAC 40. La chute du titre du groupe dirigĂ© par Antoine de Saint-Affrique survient aprĂšsla communication de la sociĂ©tĂ©, vendredi soir. Dans un communiquĂ©,Danonea annoncĂ© des "rappels ciblĂ©s" de laits infantiles, retirant "un nombre trĂšs limitĂ© de lots spĂ©cifiques" sur "certains marchĂ©s". Le groupe explique avoir choisi de rappeler ces produits Ă  la suite de l'Ă©volution des recommandations "de certaines autoritĂ©s locales". "Les contrĂŽles de routine et les analyses ciblĂ©es supplĂ©mentaires menĂ©es dans le contexte sectoriel actuel confirment que les produits deDanonesont sĂ»rs et pleinement conformes Ă  l’ensemble des rĂ©glementations applicables en matiĂšre de sĂ©curitĂ© alimentaire", a ajoutĂ© la sociĂ©tĂ©. >>AccĂ©dez Ă  nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading Danone n'a pas donnĂ© davantage de prĂ©cisions sur l'origine des produits. Mais, vendredi, l'autoritĂ© sanitaire irlandaise, la Food Safety of Ireland,a publiĂ© une dĂ©clarationdans laquelle elle recommandait Ă Danonede rappeler des lots spĂ©cifiques de laits infantiles, en raison de la prĂ©sence potentielle de cĂ©rĂ©ulide. Le cĂ©rĂ©ulide est une toxine produite par une bactĂ©rie, bacillus cereus. "Cette toxine est nocive pour l'organisme et provoque des symptĂŽmes tels que des vomissements et des nausĂ©es, mais dans la plupart des cas, elle disparaĂźt en 6 Ă  24 heures. Il est important de noter que cette toxine n'est pas vivante et ne peut pas se reproduire. Elle n'apparaĂźt qu'en prĂ©sence d'une forte concentration de bactĂ©ries", explique Barclays. "Bien que la chaleur utilisĂ©e dans le processus de fabrication tue les bactĂ©ries qui produisent cette toxine, celle-ci est rĂ©sistante Ă  la chaleur et Ă  l'acide, et il est donc difficile de l'Ă©liminer lors de la transformation si elle est dĂ©jĂ  prĂ©sente dans un ingrĂ©dient", poursuit la banque britannique. Avant l'Irlande, Singapour avait prĂ©cĂ©demment demandĂ© Ă Danonede rappeler par prĂ©caution un lot de produits de laits infantiles spĂ©cifiquement conçus pour le marchĂ© local. En rĂ©sumĂ©, les rappels deDanone"semblent ĂȘtre dus Ă  un abaissement des seuils de tolĂ©rance par les autoritĂ©s plutĂŽt qu'Ă  un non-respect des rĂšgles" par le groupe, Ă©crit Deutsche Bank. Au-delĂ  deDanone, les rappels de laits infantiles se sont multipliĂ©s chez les grands producteurs. NestlĂ© fait les gros titres de la presse depuis plusieurs semaines pour avoir rappelĂ© ses laits infantiles Guigoz et Nidal, contaminĂ©s Ă  la cĂ©rĂ©ulide. UBS Ă©crit que le groupe suisse a, au cours du dernier mois, rappelĂ© des produits contaminĂ©s par le cĂ©rĂ©ulide dans plus de 50 pays, dont la Chine et le BrĂ©sil. En France, des enquĂȘtes ont Ă©tĂ© ouvertes Ă  la suite de la mort de deux nourrissons survenus aprĂšs la consommation de laits infantiles du gĂ©ant suisse. Aucune causalitĂ© n'a Ă©tĂ© Ă©tablie entre les dĂ©cĂšs et l'absorption de ces produits. La semaine derniĂšre, Lactalis a annoncĂ© un vaste rappel de lait infantile en France, en Chine, en Australie ou encore au Mexique. L'ensemble de ces rappels sont donc dus Ă  des soupçons de contamination Ă  la cĂ©rĂ©ulide. Dans les cas prĂ©sents, cette contamination s'effectuerait dans la production d'un additif, l'acide arachidonique (ARA), un acide gras naturellement prĂ©sent dans le lait maternel, qui favorise le dĂ©veloppement cĂ©rĂ©bral et les fonctions immunitaires. "Bien qu'il ne soit pas obligatoire dans l'Union europĂ©enne ou aux États-Unis, il est couramment ajoutĂ© aux prĂ©parations pour nourrissons afin de mieux ressembler Ă  la composition du lait maternel", explique Barclays. La contamination de l'ARA Ă  la cĂ©rĂ©ulide peut survenir lors du processus de fermentation mĂȘme si cela est "peu courant", selon Barclays. La prĂ©sence de cette toxine n'est par ailleurs pas dangereuse Ă  trĂšs petite dose. Surtout, Barclays explique que les rappels survenus sont le fait d'un problĂšme de qualitĂ© chez un sous-traitant spĂ©cifique de l'ensemble de l'industrie. Barclays rapporte que plusieurs sources indĂ©pendantes ont identifiĂ© le groupe chinois Cabo Biotech, basĂ© Ă  Wuhan et fournisseur d'huile d'ARA. Le marchĂ©, lui, a logiquement peur. Le lait infantile reste l'un des grands joyaux de la couronne deDanoneen matiĂšre de croissance et de rentabilitĂ©. Ce segment appartient Ă  la division "nutrition spĂ©cialisĂ©e" deDanone. Au premier semestre 2025,cette division "nutrition spĂ©cialisĂ©e" avait gĂ©nĂ©rĂ© une marge opĂ©rationnelle courante de 1 milliard d'euros, soit 55,6% du total. Cette division affichait par ailleurs la plus forte croissance, avec une progression des revenus de 7% au premier semestre en donnĂ©es comparables. Reste que si la Bourse prend peur, les analystes relativisent et appellent au calme, louant la rĂ©action deDanone. Certes, "l'investisseur est aussi dans une logique d'apprĂ©hension du risque", reconnaĂźt Oddo BHF. "Tant que ces rappels de lait infantile ne seront pas dĂ©finitivement terminĂ©s, il est lĂ©gitime de considĂ©rer que la question immĂ©diate est de savoir quand les rappels vont cesser. La qualitĂ© des laits infantiles est primordiale pour la santĂ© des nouveau nĂ©s", dĂ©veloppe le courtier. Pour autant, Oddo BHF juge queDanoneprend "la bonne dĂ©cision". Cette dĂ©cision "conforte l’idĂ©e que le groupe est passĂ© - depuis le changement de gouvernance (en 2021) - d’une logique de 'rĂ©action' Ă  une logique 'd’anticipation' du risque", poursuit le bureau d'Ă©tudes. "D’un point de vue pratique, l’anticipation reste prĂ©fĂ©rable Ă  la rĂ©action et en l’espĂšce, cela devrait permettre au groupe de se centrer sur ses dĂ©fis de 2026 (
) sans avoir Ă  les mettre en sursis Ă  cause d’un intrus dans l’agenda. D’un point de vue commercial, cela devrait permettre au groupe de dĂ©fendre sa mission premiĂšre (la santĂ© par l’alimentation au plus grand nombre) en contribuant par ces rappels volontaires Ă  rĂ©assurer les parents, ce qui est capital vis-Ă -vis des bĂ©bĂ©s", considĂšre Oddo BHF. Le courtier estime, en premiĂšre approche, que les rappels annoncĂ©s parDanonepeuvent avoir un impact de 50 millions d'euros du rĂ©sultat opĂ©rationnel. Oddo maintient sa recommandation Ă  "surperformance" sur l'action. "Mais nos sommes lucides sur le fait qu'un rebond du titre dĂ©pendra essentiellement des garanties que ce risque est passĂ©", reconnaĂźt encore le courtier. Barclays se montre Ă©galement confiante. "Si les nouveaux niveaux indicatifs irlandais pour la toxine cĂ©rĂ©ulide devaient ĂȘtre mis en Ɠuvre Ă  l'Ă©chelle mondiale, nous pensons queDanoneserait dĂ©jĂ  en conformitĂ© et estimons que c'est la norme vers laquelle l'entreprise s'efforce actuellement de se diriger de maniĂšre prĂ©ventive", Ă©crit l'Ă©tablissement britannique. Dans ce cas de figure, la banque chiffre Ă  seulement "des dizaines de millions d'euros" (30 millions Ă  40 millions), l'impact potentiel pourDanone. Si le standard le plus sĂ©vĂšre des autoritĂ©s singapouriennes venait Ă  s'imposer, l'impact se rapprocherait des 100 millions d'euros, chiffre Barclays qui juge toutefois ce scĂ©nario "peu probable". L'Ă©tablissement pense queDanonefera encore d'autres rappels par prĂ©caution, car il s'agit "de la bonne chose pour reconstruire la confiance". "Plusieurs grands pays comme le Royaume-Uni, la France et l'Espagne l'ont dĂ©jĂ  fait, mais pour les autres pays oĂč la sociĂ©tĂ© fait appel Ă  des distributeurs, ceux-ci devront d'abord ĂȘtre informĂ©s", poursuit Barclays qui table sur un total de 20 pays. Surtout, la banque britannique voit une diffĂ©rence importante entre la situation deDanoneet de son grand rival suisse NestlĂ©, chez qui l'impact serait "10 fois plus fort". "En dĂ©cembre, NestlĂ© a rencontrĂ© un problĂšme de fabrication liĂ© Ă  la prĂ©sence de bactĂ©ries dĂ©passant les niveaux rĂ©glementaires et de toxines cĂ©rĂ©ulides produites par ces bactĂ©ries. Cela a conduit le directeur gĂ©nĂ©ral de NestlĂ©, Philipp Navratil, Ă  prĂ©senter des excuses publiques le 13 janvier.Danonen'a pas rencontrĂ© de problĂšme bactĂ©riologique avec l'ensemble de ses produits commercialisĂ©s, qui ont Ă©tĂ© testĂ©s et jugĂ©s sĂ»rs, avec des niveaux infĂ©rieurs aux limites prescrites, ce qui a Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ© en externe par des tiers", dĂ©veloppe Barclays. "L'autre diffĂ©rence que nous constatons par rapport Ă  NestlĂ© est queDanoneretire un nombre limitĂ© de rĂ©fĂ©rences sĂ»res par mesure de prĂ©caution en rĂ©ponse Ă  l'Ă©volution de la rĂ©glementation, tandis que NestlĂ© a pris la dĂ©cision de rĂ©duire Ă  la fois les rĂ©fĂ©rences sĂ»res et non sĂ»res par excĂšs de prudence.Danonedispose d'autres sources d'approvisionnement, nous ne prĂ©voyons donc pas de problĂšmes de rupture de stock pourDanone, mais nous considĂ©rons que cela pourrait ĂȘtre un problĂšme pour NestlĂ©, mĂȘme si nous ne savons pas pour combien de temps", explique encore la banque britannique. "Étant donnĂ© queDanoneet NestlĂ© sont les numĂ©ros 1 et 2 dans de nombreux pays et que NestlĂ© pourrait ĂȘtre en rupture de stock pendant une pĂ©riode indĂ©terminĂ©e, nous pensons toujours queDanonepourrait gagner des parts de marchĂ©, aux cĂŽtĂ©s d'acteurs plus modestes comme Kendamilk au Royaume-Uni, par exemple", conclut la banque britannique. Au passage, Barclays remarque que le marchĂ© est prĂ©occupĂ© du potentiels rappels de laits infantiles en Chine. Sur ce point, l'Ă©tablissement Ă©crit qu'aucun produit commercialisĂ© directement dans le pays prĂ©sente l'huile de Cabio Biotech. Conclusion de l'Ă©tablissement britannique: oui l'action peut souffrir Ă  court terme avec "de la faiblesse". Mais "nous considĂ©rons cela comme une opportunitĂ© pour les investisseurs de faire leur travail et d'envisager d'augmenter leurs positions" sur le titre, fait valoir la banque. "Nous pensons que la question centrale concerne dĂ©sormais davantage les protocoles de fabrication que les fournisseurs, et il est probable que nous assisterons bientĂŽt Ă  une diffĂ©renciation des cours boursiers entre les entreprises capables de dĂ©montrer la conformitĂ© de leurs protocoles de fabrication et les autres", explique pour sa part Deutsche Bank. Autrement dit, en dĂ©montrant la supĂ©rioritĂ© de ses processus de production,Danonepourrait davantage avoir les faveurs des investisseurs au dĂ©triment de NestlĂ©. Recevez toutes les infos sur DANONE en temps rĂ©el : Par « push » sur votre mobile grĂące Ă  l’application BFM Bourse Par email