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CAC 40: La paix mondiale contre un "morceau de glace"...
jeudi 22 janvier 2026 Ă 08h29
(BFM Bourse) -Cet article, en accÚs libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursiÚre de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace PrivilÚges.
A l'issue d'une sĂ©ance trĂšs nerveuse, que leCAC 40aura fini proche de l'Ă©quilibre mercredi, les interrogations restent nombreuses sur les intentions et les visĂ©es impĂ©rialistes de Donald Trump. Le PrĂ©sident amĂ©ricain s'exprimait Ă Davos, en Suisse, oĂč se tient annuellement le forum Ă©conomique mondial. Le locataire de la Maison Blanche a fait "du Trump", Ă savoir la nĂ©gociation par la brutalitĂ© de l'argumentation, la surenchĂšre verbale et la rhĂ©torique dĂ©concertante.
"Je nâai pas envie dâavoir recours Ă la force" pour annexer le Groenland", a-t-il dit, tout en assurant que son armĂ©e serait "inarrĂȘtable", si recours Ă la force il devait y avoir. "Mais je ne ferai pas"... Le PrĂ©sident des Etats-Unis a comparĂ© le Groenland Ă un "morceau de glace" -ses habitants apprĂ©cieront !- dont il a besoin pour assurer la sĂ©curitĂ© du monde (comprendre: les intĂ©rĂȘts Ă©conomiques amĂ©ricains). Pour rappel, l'appĂ©tit pour le risque est toujours plombĂ© par les inquiĂ©tudes liĂ©es aux tensions entre EuropĂ©ens et AmĂ©ricains au sujet de Groenland et les menaces douaniĂšres en dĂ©coulant.
Faut-il sâinquiĂ©ter de cet Ă©pisode "psychotique" ?, s'interroge Christopher Dembik, conseiller en stratĂ©gie dâinvestissement chez Pictet AM. "Probablement pas. Lâadministration Trump nous a habituĂ©s Ă des coups dâĂ©clat. Ă la fin, lâimpact est gĂ©rable pour les marchĂ©s."
Plus tard dans la journée, bien aprÚs la clÎture à Paris donc, Trump a levé ses menaces de sanctions douaniÚres contre les pays s'opposant à ses vues sur le Groenland, en assurant avoir tracé avec le Secrétaire Général de l'OTAN, M Rutte, les contours d'un accord. M Rutte, surpris, a dans la foulée assuré que les questions de souveraineté n'avait à ce stade pas été abordées.
"Cette semaine Ă Davos, l'ensemble de ces acteurs pourra constater l'Ă©cart croissant qui sĂ©pare Ă prĂ©sent les Ătats-Unis de lâEurope. Ă la tribune, le premier ministre canadien, Mark Carney, a lui aussi parlĂ© d'une AmĂ©rique qui « n'est plus digne de confiance », quelques jours aprĂšs avoir conclu un accord commercial avec la Chine de Xi Jiping, jugĂ©e « plus prĂ©visible que les Ătats-Unis ». De leur cĂŽtĂ©, les EuropĂ©ens ont mis un terme Ă 25 ans de nĂ©gociations pour signer un accord de libre-Ă©change avec le Mercosur. Les alliĂ©s historiques de Washington privilĂ©gient dĂ©sormais leur indĂ©pendance, au dĂ©triment de relations commerciales asymĂ©triques et soumises au bon vouloir d'un seul homme", interprĂšte GrĂ©goire KOUNOWSKI, Investment Advisor chez Norman K.
Ce jeudi concentrera l'essentiel des publications macroéconomiques américaines de la semaine, avec entre autres "réjouissances", les données finales du PIB, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chÎmage, les prix PCE, les revenus et dépenses des ménages ainsi que les stocks de brut.
Du cÎté des valeurs,Danonea dévissé de 8,4%, le marché s'inquiétant de rappels de laits infantiles à Singapour, alors que ses produits sont cruciaux pour la rentabilité et la croissance du groupe. La société, elle, explique avoir bloqué "à titre de précaution" un lot de produits spécifiquement conçu pour le marché local. Du cÎté des hausses,Edenredet Pluxee ont bondi respectivement de 10,50% et 7,05% aprÚs que, selon plusieurs analystes, la justice brésilienne a bloqué temporairement (et uniquement pourEdenred) l'application d'un décret pour l'ensemble du secteur au Brésil. Les chiffres d'activité du britannique Burberry ont redonné des couleurs au secteur du luxe qui a grandement souffert ces derniers jours des nouvelles menaces de Trump sur les droits de douane.LVMHa grimpé de 2,7%,Keringde 1,9% et HermÚs s'est adjugé 0,5%, dans le sillage de Burberry qui a repris prÚs de 6% à la Bourse de Londres aprÚs sa publication.
De l'autre cÎté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont rebondi en séance mercredi, à l'image du Dow Jones (+1,21%) et du Nasdaq Composite (+1,18%). Le S&P500, baromÚtre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des yeux des gérants, a conclu ce tir groupé en prenant 1,16% à 6 875 points.
Un point sur les autres classes d'actifs Ă risque: vers 08h00 ce matin
>Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des1,1690$.
>Le baril deWTI, l'un des baromÚtres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de60,55$.
>LesTreasuries10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légÚrement au-dessus des4,27%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut71 points de base.
>Quant au VIX, il valait16,9Ă la derniĂšre clĂŽture du S&P500.
Le niveau technique des 8 260 points - niveau clef - avait été franchi sur gap vendredi 09 janvier. Il aura été réintégré rapidement (19 janvier), sur gap encore plus ample, ce qui n'est pas une bonne nouvelle. En une séance seulement, l'indice a effacé tous les gains enregistrés depuis le début de l'année.
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indiceCAC 40à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indiceCAC 40cote en dessous de la résistance à 8260.00 points.