📄 Contenu
Societe generale: Après un bond de 156% en un an, l'action Société Générale peut encore grimper de près de 40% selon Jefferies
mercredi 14 janvier 2026 à 10h53
(BFM Bourse) - Le bureau d'études juge que la banque de La Défense sera à la fois capable d'augmenter fortement la rentabilité de ses fonds propres et de réduire ses coûts. Jefferies cite Boursobank, la filiale de leasing automobile Ayvens, et la banque de détail en France comme leviers de performance.
Société Générale a affolé les compteurs l'an dernier. La banque de La Défensea signé de très loin la plus forte progression duCAC 40(+153%) en 2025. Sur un an, le titre prend 156% (à la clôture de mardi), et, sur cinq ans, l'action s'envole de près de 300%.
Certes, une partie de cette impressionnantrallyes'explique par le fait que la valorisation deSociété Généraleévoluait à la casse.
Fin 2023, la banque s'échangeait 0,4 fois sa "tangible book value". Pour simplifier, cela veut dire, que l'actionSociété Généralesouffrait d'une décote de 60% par rapport à sa valeur comptable. Même un conglomérat déprécié commeVivendin'était pas aussi bon marché.
Mais une faible valorisation constitue rarement un argument suffisant pour convaincre les investisseurs.
Directeur général du groupe de 2008 à 2023, Frédéric Oudéa avait eu bien du mal à redresser l'action de la banque, qui avait chuté après la grande crise financière de 2007-2008 et l'affaire Kerviel.
Son successeur, Slawomir Krupa, a mis un an et demi pour parvenir à lancer la révolte boursière deSociété Générale, qui a réellement débuté à l'automne 2024.
>>Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
L'établissement a coché les bonnes cases auprès des investisseurs, en cédant des activités et en sortant de certains pays. Ce qui lui a permis de se recentrer et de renforcer son ratio de solvabilité CET 1 (qui rapporte l'encours pondéré des risques au fonds propre), un indicateur scruté par les analystes.
La banque a aussi soigné le retour à l'actionnaire en décidant de rendre à ses porteurs l'excès de capital au-delà de son objectif de ratio CET 1, c'est-à-dire 13%.
Surtout,Société Généralea enchaîné les résultats supérieurs aux attentes des analystes au cours des derniers trimestres. L'établissement a été porté par le redressement de la banque de détail en France, la montée en puissance de sa banque en ligne, Boursobank, et la bonne tenue de ses activités de marché.
La renaissance boursière de la banque a-t-elle atteint son acmé? Jefferies en doute fortement.
Le bureau d'études a confirmé son conseil à l'achat, ce mercredi 14 janvier, et a surtout rehaussé son objectif de cours pour le porter à 96 euros contre 70 euros précédemment.
Au cours de clôture de mardi (69,68 euros), cette cible accorde un potentiel de 38% à l'actionSociété Générale.
À la Bourse de Paris, ce relèvement d'objectif de cours porte un peu la banque rouge et noir.Société Généraleprend 1,5% vers 11h35 et signe la troisième plus forte hausse duCAC 40.
Jefferies se montre bien plus optimiste que le consensus (la prévision moyenne des analystes) sur les résultats deSociété Générale. L'intermédiaire financier anticipe un bénéfice par action de 6,62 euros pour 2025 et de 9,58 euros en 2027, contre 6,56 euros et 8,82 euros respectivement pour le consensus.
À l'horizon 2028, Jefferies voit la banque dégager un bénéfice par action de 11,2 euros. Et, surtout, une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE), un indicateur clef qui rapporte le bénéfice aux capitaux propres retraités de certains éléments, de 13,7%, après 10,1% en 2025. Le consensus se situe, lui, autour de 11,5%.
L'intermédiaire financier estime que la société continuera durablement à améliorer son efficacité en matière de coûts. Jefferies s'attend à ce que le coefficient d'exploitation, qui rapporte les charges d'exploitation au produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires chez les banques), passe de 64% en 2025 à 56% en 2028.
"Société Généraledispute une course qui lui est propre. Sa thèse d'investissement est passée d'une histoire qui consistait à construire un bilan financier solide (…) à celle d'une amélioration du ROTE. De plus, la banque se distingue de nombreux autres acteurs du secteur dans la mesure où l'amélioration de ses rendements est en grande partie due à des facteurs idiosyncrasiques (qui lui sont propres, NDLR), plutôt qu'à des considérations liées, par exemple, au milieu du cycle économique", développe le bureau d'études.
Cette amélioration des résultats de la banque sera portée par plusieurs leviers, selon Jefferies.
L'intermédiaire financier cite tout d'abord Boursobank. Rentable depuis 2023, la banque en ligne devient progressivement un moteur de bénéfices pourSociété Générale. Fort de 8,3 milliards de clients à fin septembre dernier, Boursobank a achevé sa phase d'investissement dans l'acquisition de clients (via des offres promotionnelles par exemple) et se concentre désormais sur la rentabilité.
En conséquence, Jefferies pense que les coûts d'acquisition de clients de Boursobank passeront de 240 millions d'euros en 2025 à 100 millions d'euros en 2026. Ce qui permettrait de multiplier le bénéfice net de la banque en ligne par plus de deux, à 320 millions d'euros, cette année.
Jefferies évoque ensuite le cas d'Ayvens, la division de leasing automobile (location de voitures avec options d'achat, location de longue durée) du groupe. Cette société est née en 2023 lorsqu'ALD, filiale deSociété Générale, a bouclé le rachat du néerlandais Leaseplan.
Jefferies souligne qu'Ayvens est moins performant que ses rivaux sur l'opérationnel. Le groupe de leasing affichait au troisième trimestre un coefficient d'exploitation de 56% alors que ses concurrents Arval (filiale deBNP Paribas) et Leasys (filiale deStellantis) sont plus proches de 40%. Combler cet écart dégagerait jusqu'à 500 millions d'euros de bénéfice avant impôt additionnel, chiffre Jefferies.
L'intermédiaire financier cite ensuite la banque de détail en France. Jefferies estime queSociété Généraleparviendra à réduire ses coûts dans ce segment tout en augmentant ses revenus.
Les taux des livrets défiscalisés (Livret A, LDDS) ont cessé de renchérir le coût des dépôts pour les banques françaises. Le livret A a, par exemple, vu son taux baisser en aoûtet devrait encore diminuer en février prochain.
Dans le même temps, Jefferies observe que les volumes de prêts immobiliers repartent en flèche etSociété Généralesurperforme le marché. L'intermédiaire financier, qui s'appuie sur les chiffres de l'Observatoire crédit logement/CSA, note que la production de crédits immobiliers a grimpé de 37% au troisième trimestre, avec une hausse de 74% chezSociété Générale.
Par ailleurs, Jefferies s'attend à ce que la banque redistribue à ses actionnaires près de 15 milliards d'euros (14,8 milliards d'euros) sous forme de dividendes ou de rachats d'actions d'ici à début 2029, soit environ 28% de sa capitalisation boursière.
Tout ceci alors queSociété Générales'échange actuellement 0,9 fois sa "tangible book value", un ratio qualifié de "maigre" par l'intermédiaire financier et qui "ne reflète pas les perspectives d'amélioration du ROTE et de distribution aux actionnaires".
Jefferies n'est qu'un des nombreux analystes qui recommandent de continuer à miser surSociété Générale. Citi pense que l'action est celle qui a le plus de potentiel au sein des banques européennes,quand Bank of America voit le titre atteindre 85 euros.
Société Générale publiera ses résultats annuels le 6 février prochain. Au vu de l'optimisme des analystes et de la hausse de son titre, la banque de La Défense n'aura pas le droit de décevoir, sous peine de sanction boursière.
Recevez toutes les infos sur SOCIETE GENERALE en temps
réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application
BFM Bourse
Par email